04/07/2022
Felix a lire
Merci à Monique Giroux, Pierre Gince et les 40 personnalités du Québec et de France qui ont participé à cet ouvrage sur Félix Leclerc. Pour apporter mon humble contribution, voici un extrait du poème écrit par Félix pour le Mouvement Québec français en 1988 : «La Loi 101 reconnaissait le français
la seule langue officielle au Québec,
comme la langue américaine est reconnue
la seule langue officielle aux États-Unis,
(ce qui ne les empêche pas d'en parler 5).
La Loi 101 criait aux deux Amériques
ce qu'on leur cachait depuis des siècles,
qu'une Nouvelle-France existait à leur porte.
La Loi 101 disait à l'univers que les québécois
étaient l'un des deux peuples fondateurs du Canada.
La Loi 101 me faisait marcher librement et partout
dans le Québec, comme si j'avais été chez moi.
La Loi 101 disait à l'immigrant
arrivant ici en terre d'accueil,
que le français était la langue du Québec
contrairement à ce que la propagande d'Ottawa
leur avait appris avant leur départ,
que nous étions tous anglais.
Afficher et parler notre langue à l'usine, à l'école,
à la douane, au restaurant, au forum, au magasin, partout,
était une affaire entendue et acceptée par la minorité
anglaise du Québec, qui avait fini par comprendre
qu'enfin décolonisés, nous avions une langue maternelle,
et surtout que nous apportions, (parce que différents)
une richesse incalculable au Canada entier.
Hélas,
il aura fallu que quelques arrivistes,
Canadiens-français de surcroît,
vendent pour un plat de lentilles (de votes)
notre droit d'aînesse en Amérique.
Est-ce que tout serait à recommencer
à cause de quelques magasiniers
qui échangent
trafiquent
vendent
trois siècles d'histoire pour quelques heures de pouvoir?.. et la lutte continue,
pour un Québec français
Félix Leclerc