Hugo - villeray.foodie

Hugo - villeray.foodie Suivez Hugo de MasterChef Québec saison 3 dans son aventure et sa passion culinaire.

Inspirez-vous afin de cuisiner les aliments de saison de nouvelles façons tout en découvrant l’histoire derrière certaines recettes légendaires.

2025 aura certainement été l’année la plus marquante de ma passion culinaire jusqu’à présent. Celle où j’aurai (re)décou...
01/01/2026

2025 aura certainement été l’année la plus marquante de ma passion culinaire jusqu’à présent. Celle où j’aurai (re)découvert le leche de tigre, où les pêches de l’Ontario auront été plus prépondérantes que jamais et où, accessoirement, j’ai participé à MasterChef.

Or quand je fais le tour de ce que j’ai mitonné au courant de l’année, ce sont avant tout les liens humains derrière ceux-ci qui me rendent émotifs.

Cuisiner, c’est pour moi une façon de connecter avec nos ancêtres et notre patrimoine, de s’inscrire dans une histoire multi-millénaire et de découvrir les cultures aussi diverses que multiples sur cette planète. Cuisiner, c’est aussi et surtout une façon de connecter avec ceux qui nous entourent, un acte de partage et un love language.

Je regarde ces plats de 2025 et j’y vois l’amour que j’ai pour ma blonde et mes filles. J’y vois des amitiés encore plus riches et importantes pour moi que le beurre noisette. Des rencontres plus vives et fondamentales qu’un trait de citron qui vient donner tout son sens à un plat.

Je me considère extrêmement chanceux d’avoir cuisiné tout ça, d’avoir vécu tout ça. Et j’ai hâte de voir ce qui atterrira sur ma table en 2026 mais surtout de pouvoir le partager avec ceux qui comptent pour moi.

Bonne année et bon appétit!

12/26/2025

La partie trois de notre duel boite mystère avec les boys de Filet Gourmet est disponible!

Je voudrais pas faire mon complotiste mais en regardant la section commentaire, j’ai l’impression d’être dans une campagne de Pablo Rodriguez tellement les votes ont l’air acheté! Allez renverser la faveur et courrez la chance de mériter… une recette de brownie (au beurre noisette quand même!)

Merci à Yan et Sam de nous avoir reçu Samuel Boisvert - Soif de Bouffe et moi, j’ai eu ben du fun! Allez les voir, leur gamme de produits vaut le détour.

12/23/2025

Je pensais me mettre à publier sur les internettes au rythme de mes belles années sur wordpress et blogspot à la suite de mon aventure à MasterChef.

Puis j’ai vu tous mes amis publier du fabuleux contenu et je me suis questionné sur ma pertinence dans cet algorithme culinaire de l’influence que je consomme au quotidien. Je pense aussi que j’avais besoin de pudeur après avoir vu ma face le dimanche soir à TVA.

Voici cependant un signe de vie! Je ne partage pas grand chose mais quand je le fais, c’est un duel avec les deux bouchers les plus trendy de la province, ceux de Filet Gourmet Et c’est aux côtés du très talentueux Samuel Boisvert - Soif de Bouffe que j’ai eu le chance d’attaquer cette boite mystère.

C’est ainsi que se termine mon aventure télévisuelle à MasterChef Québec. Y’avait des topinambours et du panais, de la p...
10/27/2025

C’est ainsi que se termine mon aventure télévisuelle à MasterChef Québec. Y’avait des topinambours et du panais, de la prise de risque pas pantoute actuarielle en cuisant ma première perdrix à vie… sur le coffre. Y’avait des champignons sauvages d’ici et, surtout, un sh*tload de sel. Et, ultimement, il y a un gars qui est tout sauf salty.

C’était la troisième fois que je remplissais le très long formulaire d’inscription et que je m’exposais à une déception plus amère qu’un radicchio. Je me souviendrai toujours du moment où j’ai appris que j’étais sélectionné, de mon souffle coupé, des genoux de ma blonde qui lâchent, de nos yeux embués. Et de ce sentiment qui prédominait sur tout: l’excitation.

“Let’s go!”, que je répétais sans cesse dans mon bureau en faisant des fist pumps, le poil ben drette sur ma chair de poule, mon cerveau déjà en ébullition à penser à ce que je devais pratiquer, mémoriser, maitriser.

Quelle chance quand même de pouvoir vivre sa passion de manière aussi éclatante. Participer à MasterChef me donnait une justification pour mettre ma vie professionnelle sur pause quelques temps pour me consacrer à la cuisine et vivre une expérience unique.

J’étais cependant loin de soupçonner combien ça serait fort ce que je vivrais. Les frissons en entrant dans la cuisine, la fierté des tops 3, l’extase des victoires en équipe. Mais surtout, le bonheur et l’incroyable privilège de rencontrer 15 personnes merveilleuses, talentueuses, brillantes et dotées d’un coeur immense. Le plus grand cadeau de mon aventure, c’est que je les appelle désormais mes amis.

C’est donc la fin aujourd’hui mais ça feel étrangement comme un début. Je ne serai plus devant les caméras mais je vais continuer à cuisiner les aliments de saison avec la même ferveur et passion.

Et je suis infiniment reconnaissant d’avoir vécu ce qui est assurément, dans ma vie de gastronome, la plus belle saison de ma vie.

📸 Catherine Bilodeau Photographe

Ce défi restaurant, ce n’était vraiment pas de la tarte (renversée), quoique!Cuisiner des immenses carrés de porc quand ...
10/23/2025

Ce défi restaurant, ce n’était vraiment pas de la tarte (renversée), quoique!

Cuisiner des immenses carrés de porc quand tes fours te font un coup de cochon, c’est toute une expérience, surtout lorsque tu t’apprêtes à servir 25 restaurateurs aguerris. Mais c’est ça la gastronomie: un monde où tu te fais repousser dans tes derniers retranchements, où tu prends des risques qui te rendent complètement vulnérables.

Et c’est entre autre pour ça que ça me passionne autant. Certes. Il y a les techniques, les produits, mais il y a surtout des gens qui font preuve d’audace et qui se mettent en danger pour raconter des histoires, pour partager des saveurs, pour générer du bonheur.

Parfois, comme hier, les choses ne se déroulent pas comme on voudrait, mais c’est aussi un peu pour ça que c’est autant grisant lorsque tu parviens à livrer un feu d’artifice dans l’assiette.

Le plat des bleus n’était peut-être pas la spectaculaire pétarade souhaitée mais derrière celui-ci, il y avait une gang d’humains aussi vulnérables que magnifiques qui ont fait preuve de résilience jusqu’au bout et qui m’ont permis de vivre un autre aspect magique de la gastronomie: le lien unique que tissent les gens qui se regroupent pour cuisiner. Merci à mes soeurs et frères d’armes Alex brodawg Archambault, Valérie Heppell, La cuisine d’Anne-Catherine et Cuistot.Fred, vous avez été extraordinaires

Et surtout bravo aux rouges et leur capitane Dr. Foodie qui étaient tout aussi beau à voir, vous pouvez être fiers!

Depuis que je m’intéresse à la gastronomie, mon apport annuel en beurre a connu une ascension qui n’est pas sans rappele...
10/21/2025

Depuis que je m’intéresse à la gastronomie, mon apport annuel en beurre a connu une ascension qui n’est pas sans rappeler celle de Michael Jackson en 79. Est-ce un hasard ou un corollaire de mon mancrush pour Thomas Keller? Difficile à dire mais plus que jamais, en matière de beurre, je suis en mode Don’t Stop Til Get Enough.

J’ai exploré moult déclinaisons. Beurre monté ou manié, noisette ou blanc. Beurre maitre d’hotel ou à l’ail. Celui acheté compulsivement en pharmacie (qui peut cracher sur une livre à 4.88 in this economy?) ou à prix de lingot d’or au dépanneur. Certes, je ne suis pas rendu au stade des Romains qui se badigeonnaient les articulations endolories d’une p’tite noix de beurre par temps pluvieux mais si j’avais reçu 2$ à chaque fois que je parle “d’émulsion au beurre”, j’aurais pu me payer la plus majestueuse des sculptures de beurre digne des plus grandes foires fermières de l’Iowa.

Ce n’est donc pas un hasard si je me suis tourné vers la plus belle des matières premières en cuisine alors que j’étais complètement assommé par le rhume et errais dans le garde-manger comme un zombie dans le clip de Thriller. Et bien que j’ai encore l’impression à ce jour d’avoir été un smooth criminal en me faufilant dans le top 3, je pense que c’est la démonstration qu’avec du beurre et de la détermination, tout est possible.

On a souvent tendance à parler de cuisine québécoise. Et lorsqu’on parle de celle-ci, invariablement, on pense à la pout...
10/18/2025

On a souvent tendance à parler de cuisine québécoise. Et lorsqu’on parle de celle-ci, invariablement, on pense à la poutine, le cipâte, le pâté chinois ou encore la tarte au sucre. On pense à cet héritage métissé qui fait notre richesse, de la fusion autochtone et européenne qui créa la soupe aux pois jusqu’au smoked meat sandwich qui emprunte aux traditions juives.

Mais de plus en plus, et à mon grand plaisir, on parle aussi de terroir québécois. La révolution culinaire qui s’opère ici depuis deux décennies est certes le fruit d’une fabuleuse émancipation technique dans nos cuisines et restaurants mais elle est aussi la résultante d’un merveilleux voyage intérieur: la découverte et la valorisation de notre terroir.

Plus que jamais auparavant, on s’approprie nos produits. On les célèbre sans pudeur et c’est émouvant. L’excitation est palpable lors de l’arrivage des homards gaspésiens, l’agneau de Charlevoix est désormais une appellation protégée et on commence tranquillement à comprendre que la réputation du blé d’Inde de Neuville n’est pas (que) dû à du chauvinisme. On célèbre à juste titre l’unicité de nos fromages, on cueille avec enthousiasme gadelles et camerises et on assaisonne nos plats à grands coups de myrique baumier et de poivre des dunes.

Et au coeur de notre terroir, il y a ce produit emblématique du Québec, le meilleur sucre sur terre et dont nous assurons le deux tiers de la production mondiale: le sirop d’érable.

Cette semaine à MasterChef Québec, c’était défi cabane à sucre. C’était l’opportunité de célébrer notre cuisine québécoise mais aussi de mettre en valeur le joyau ultime de notre terroir et c’est ce que nous avons tenté de faire.

Nous avons essayé de démontrer que les racines de nos érables sont profondes et robustes. Il y avait du porc, du pouding chômeur, sans oublier le traditionnel service d’omelette. Et nous voulions aussi illustrer qu’à chaque printemps, le feuillage qui orne ces érables se diversifie un peu plus. L’omelette était un okonomiyaki, le porc avait mijoté dans du saké, le pouding chômeur goutait aussi le miso et le genmaicha.

On voulait mettre de l’avant notre terroir décomplexé. C’est fier et confiant qu’on s’est dit que le sirop d’érable allait briller même si on faisait un détour au Japon. Et c’était aussi une façon de dire qu’au Québec, tout le monde est bienvenu dans nos cabanes à sucre.

Et au-delà de notre cuisine ou de notre terroir, c’est peut-être ça, au fond, notre plus grande richesse.

Merci à Samuel Boisvert - Soif de Bouffe et La cuisine d’Anne-Catherine d’avoir été des coéquipiers absolument incroyables dans ce défi qui est pour moi un moment marquant de mon aventure à Masterchef 💛💛💛.

Et merci à Catherine Bilodeau Photographe pour les superbes photos, comme toujours.

C’est fou quand même de cuisiner avec un tablier noir à MasterChef Québec et de faire face à l’élimination. Tu viens d’a...
10/13/2025

C’est fou quand même de cuisiner avec un tablier noir à MasterChef Québec et de faire face à l’élimination.

Tu viens d’apprendre il y a quelques instants à peine ce que tu vas devoir cuisiner et t’as les méninges à broil. Ton rythme cardiaque accélère perceptiblement, le temps se distortionne: certaines secondes restent suspendues tandis que 60 minutes s’écoulent en un claquement de doigts.

Tu passes des recettes en r***e dans ta tête, tu te demandes ce que les autres vont faire. Tu penses aux cinquante personnes dans le studio qui vont te voir cuisiner, aux centaines de milliers qui seront derrières leur écran pour te voir te planter.

Ça part.

Tu cours vers le garde-manger et tu ramasses tes ingrédients tout en soupesant le pour et le contre de faire une pâte maison. Tu reviens à ta station et tu te commets à ta recette avec un mélange de vertige et d’excitation. Plus le temps de tergiverser, il faut tout donner et espérer que ce sera suffisant pour te démarquer des gens hyper talentueux à tes côtés.

Le grand bal se met rapidement en branle, tu valses avec tes électros et te trémousses au rythme des crépitements dans les poêlons. L’enivrant parfum des arômes envahit le studio, les cris d’encouragements de tes frères et soeurs d’armes en provenance du lounge te galvanisent. T’as mauditement du fun. Tous tes sens sont sollicités et Martin Picard vient te demander si t’as un plan B.

“C’est terminé, on lève les mains!”

Woah! T’as le coeur gonflé de fierté, la tête remplie de gratitude et les épaules qui croulent sous la pression. Ta salive se raréfie tandis que tu marches en direction des juges.

En ai-je fait assez?

Tu déposes ton assiette et les jeux sont faits. Tu te sais extrêmement choyé de recevoir la rétroaction des juges, tu te sens flotter à chaque note positive mais chaque bémol te ramène brutalement sur terre. Tu retournes à ton ilot et le stress embarque, l’angoisse part en vrille et le doute t’assaille. Mais au-delà de tout, une émotion qui prime: quelle chance inouïe quand même de pouvoir vivre ça.

On t’appelle en avant, vous n’êtes plus que deux en danger et t’as le coeur qui veut te sortir de la poitrine. Le verdict tombe, le couperet est sans merci et tu vis une de ces secondes qui restent suspendus.

Ce n’est pas toi. Pas cette fois. Le mélange de soulagement pour toi et de tristesse pour la personne à tes côtés est indescriptible, une autre nouvelle expérience gracieuseté de MasterChef.

Ce soir, c’est le parcours de Raf Vézina qui prend fin. Une personne en or, une sensibilité rare et un talent débordant quittent la cuisine. Le déchirement est réel et profond à chaque fois mais si chaque élimination fait mal, il y a toujours ce baume aussi puissant que magnifique, celui de savoir que des liens nous unissent désormais pour toujours.

J’vous le dis, c’est fou de cuisiner avec un tablier noir à MasterChef. 

📸 Catherine Bilodeau Photographe

Je n’aurais jamais pu faire Masterchef Junior. Ado, mon signature move était de couper un rouleau de biscuits Pillsbury ...
10/10/2025

Je n’aurais jamais pu faire Masterchef Junior. Ado, mon signature move était de couper un rouleau de biscuits Pillsbury en 8 tranches dodues avant de les enfourner puis de manger les deux boutes crus en attendant que le 14 minutes à 350F s’écoule. À ma première année en appart, j’avais atteint un stade où je savais qui était le livreur St-Hubert d’office dans mon quartier selon le jour de la semaine.

Mais dans mes quelques souvenirs reliés à la cuisine datant de cette époque, il y a moi qui se fait des oeufs-bacon. N’étant pas dépourvu du plus élémentaire bon sens, je faisais évidemment cuire mon bacon au four (bien que je n’avais pas encore compris qu’il faut le partir à froid). Puis lorsque le moment était venu de le revirer à mi-cuisson, je prenais soin de récolter le gras fondu pour en mettre dans ma poêle où je ferais cuire mes oeufs.

Je n’ai pas beaucoup de moments culinaires marquants de cette époque mais ce move là, l’idée d’utiliser le gras du bacon pour parfumer mes oeufs et ce sentiment d’être don ben fu***ng futé, je m’en rappelle encore très bien.

Le naïf padawan que j’étais alors l’ignorais mais il y a toute une lignée de jedis de la gastronomie qui ont utilisé le pouvoir de la Force de la déclinaison d’un produit à travers les âges.

Déjà à la Renaissance, les cuisiniers de cour commençait à travailler un même ingrédient de façons variés: rôtis, confits, en pâté, en gelée. Lors d’une même soirée, on pouvait servir un paon sous diverses formes, c’était une façon pour les biens nantis de flexer leur gros cash et pour les cuisiniers de démontrer leur virtuosité technique.

Puis au 19e siècle, Augustin Carême, le OG chef des rois et roi des chefs, explorait aussi cette notion. Véritable star de son époque et auteur de multiples ouvrages qui devinrent la base de la haute gastronomie, on se disputait ses services avec une âpreté digne d’un gars de Québec à la recherche de billets pour voir Metallica au Colisée. Et c’est lors de ses somptueux banquets organisés pour le futur roi George IV, l’empereur d’Autriche, Napoléon ou le tsar Alexandre 1er qu’apparurent des “services de gibier” où on pouvait retrouver simultanément sur une table le même animal rôti, en pâté, en bouillon et en sauce, pour bien mettre en valeur la noblesse du produit.

C’est également un concept bien présent dans la cuisine d’Auguste Escoffier qui rationalisa la cuisine et la structura en préparations mères et dérivées. Escoffier est ce malin moustachu qui inventa le système de brigade encore omniprésent aujourd’hui en restauration et grâce à lui, on comprend par exemple qu’une tomate peut être apprêtée en purée, en coulis, en sauce espagnole, en sauce chasseur. C’est aussi à son époque qu’on commence à concevoir des menus dégustation et des progressions gustatives autour d’un même thème.

Ensuite les big boys de la Nouvelle Cuisine comme Bocuse ou les frères Troisgros commencent à mettre plusieurs variantes d’un même ingrédient dans le même plat. Les crinqués du moléculaire Ferran Adrià et Heston Blumenthal se mettent à décliner un même aliment sous plusieurs états de matière. Et plus récemment, René Redzepi et Alain Passard explorent avec brio des produits dans toutes leurs parties: racine, tige, fleur, graines, épluchures. Ce qui était une façon de se peter les bretelles à la Renaissance est aujourd’hui une démarche philosophique.

J’en ai aussi parcouru beaucoup de chemin depuis cette époque où je maximisais mon gras d’bacon. S’il y a parfois des élans de p’tit pense bon, c’est surtout l’envie d’utiliser un produit au complet et, encore plus, l’irrésistible désir que ça goute bon dans yeule qui me motive à moi aussi décliner les produits.

Comme ici, par exemple, dans un plat où se retrouve du ricotta fouetté à la purée de courge, de la courge marinée, des quartiers de courge rotis au sirop d’érable et des graines de courge torréfiées. Arrosé de beurre noisette à l’estragon, c’tait correct.

Jusqu’à l’âge de 20 ans, les betteraves pour moi se résumaient à ces pots Masson au contenu rouge pourpre qui finissaien...
10/06/2025

Jusqu’à l’âge de 20 ans, les betteraves pour moi se résumaient à ces pots Masson au contenu rouge pourpre qui finissaient toujours par se ramasser au fin fond du premier étage du frigo. Lorsqu’un paté chinois ou un bouilli de légumes était au menu, ma mère ajoutait un de ces pots sur la table et des effluves de terre et de vinaigre venaient se mêler à celles des saveurs umami de ces plats de mon enfance.

Pour les Grecs, il s’agissait d’une offrande qu’il servait sur un plateau d’argent à Apollon, dieu du soleil, dans l’espoir de trouver l’amour. Vous êtes célibataire et esseulé? Considérez offrir un légume racine sur d’la vaisselle fancy à un ami imaginaire.

Pour Napoléon Bonaparte, c’était une source alternative de sucre après avoir annoncé un embargo sur tous les produits anglais. Alors que le sucre de canne antillais était désormais interdit de passage, Napoléon se chiait dans le calcif en se rappelant les émeutes qui avaient secoué les faubourgs pendant des jours en pleine pénurie de sucre. Le peuple en manque s’était mis à piller boutiques et entrepôts comme on le ferait avec un Foot Locker sur Sainte-Catherine à la recherche de running shoes de saison après une victoire de la Sainte Flanelle sur le Boston en première ronde.

Heureusement, un chimiste et son buddy banquier furent suffisamment motivés par les 100 000 arpents que faisait miroiter Bonaparte pour trouver une solution et développèrent une façon d’extraire le sucre des betteraves. La culture des bettes explosa alors pour ainsi devenir la rock star racine qu’elle est aujourd’hui, alors qu’elle est à l’origine de 25% du sucre mondial mais aussi de plats gastronomiques fabuleux.

Dans mon cas, c’est passé 20 ans, lorsque je découvris la combinaison avec le fromage de chèvre, que la betterave explosa. Loin du goût vinaigré des betteraves de ma mère, j’ai plutôt découvert ses touches minérales, sucrées, un peu terreuses. Et bien que je l’apprête maintenant de diverses façon, rien ne bat la combinaison avec le chèvre.

Comme ici, avec une truite confite, servies roties et légèrement pickled, avec une sauce au fromage de chèvre et des noisettes torréfiées.

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