18/05/2026
𝐋𝐞 𝐩𝐫𝐞𝐦𝐢𝐞𝐫 𝐞𝐬𝐩𝐚𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐭𝐮 𝐚𝐬 𝐡𝐚𝐛𝐢𝐭𝐞́ 𝐭’𝐚 𝐚𝐩𝐩𝐫𝐢𝐬 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐡𝐨𝐬𝐞. 𝐄𝐭 𝐭𝐮 𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞𝐬 𝐬𝐮𝐫 𝐏𝐢𝐧𝐭𝐞𝐫𝐞𝐬𝐭 𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐭𝐮 𝐬𝐚𝐢𝐬 𝐝𝐞́𝐣𝐚̀.
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Je me souviens du sol.
Carreaux de ciment froids sous les pieds nus à 6h du matin.
La natte en joncs tressée devant la porte de la cuisine, usée au centre, intacte sur les bords.
Le canari en terre d'argile posée dans l'angle d'entrée et dont l'eau est toujours fraîche.
L’odeur du bois chauffé par le soleil qui entrait par la fenêtre du couloir.
Rien de tout ça n’était “décoré.”
Tout était habité.
Et quand j’ai emménagé dans mon premier appartement à 24 ans, parquet clair, murs blancs, cuisine IKEA, j’ai mis des semaines à comprendre pourquoi je me sentais en transit.
C’était beau. Propre. Fonctionnel.
Et ça ne savait pas mon nom.
Ce n’est pas de la nostalgie.
C’est une information.
Ce premier espace, la maison de ton enfance, la cour de ta grand-mère, la concession familiale, t’a appris quelque chose que tu n’as jamais pu mettre en mots : à quoi ressemble un endroit qui te reçoit entière.
Dans les maisons à patio Porto-Novienne au Bénin, l’espace central n’était pas décoratif.
Il était le coeur de la maison, l’endroit où les corps se déposaient, où les voix se mêlaient, où la mémoire collective se construisait.
Pas un salon. Un organe.
Tu n’as pas besoin de reconstituer l’espace d’enfance.
Tu as besoin d’en extraire la langue.
Ce qu’il te faisait ressentir.
Ce qu’il autorisait.
Ce qu’il portait à ta place.
Et construire aujourd’hui, avec tes objets, dans ton appartement, un espace qui parle cette même langue.
Le vrai problème n’est pas que tu ne sais pas décorer.
C’est que tu cherches sur Pinterest ce que tu portes déjà dans ta mémoire.
Ce lundi : ferme les yeux.
Quel espace de ton enfance te revient sans effort ?
Dis-moi ce que tu y entends, ou ce que tu y sens.
Ici on ne décore pas. On s’ancre. De Racines et d’Âme.