02/02/2026
maison_du_couscous : Dans les ruelles parfumées de la Casbah, un parfum discret mais envoûtant s'échappait des cuisines : ce n'était pas le couscous rouge aux légumes éclatants, mais le couscous algérois, celui à la sauce blanche - délicat, raffiné, presque secret.
Contrairement aux sauces relevées des autres régions, ici, la couleur était claire comme une perle. Des pois chiches fondants, un bouillon doux où mijotaient morceaux de poulet fermier, parfois même de l'agneau, et une pointe de cannelle qui donnait au plat une élégance subtile. La semoule, fine et aérienne, était arrosée lentement, comme pour absorber la mémoire des épices.
On raconte qu'autrefois, dans une maison du quartier de Bab El Oued, une grand-mère préparait ce couscous chaque vendredi. Elle disait à ses petites-filles :
— « Le couscous rouge nourrit le corps, mais le blanc nourrit l'âme. »
Un jour, l'une d'elles osa innover : elle ajouta à la sauce quelques fleurs d'oranger - une touche inattendue, fragile, presque audacieuse. Le parfum se mêla au bouillon, et quand la famille goûta, un silence tomba autour de la table.
Puis, un sourire se dessina sur tous les visages. Le couscous venait de se parer d'une nouvelle histoire, à mi-chemin entre la tradition et la poésie.
Depuis ce jour, on dit que dans chaque assiette de couscous algérois, il y a un souffle de la Casbah: un mélange de mémoire, de raffinement et de courage d'innover, sans jamais trahir l'essence du plat.