18/11/2025
🌿Je suis un olivier du haut Var🌿
Prends deux minutes pour lire mon histoire:
Je suis né d’une main rugueuse et bienveillante, un matin où la terre du Haut-Var exhalait encore la fraîcheur de l’aube. On m’a planté là, sur une restanque de pierres sèches, au-dessus d’un vallon qui sentait le thym et la poussière chaude. J’étais un simple rejet, frêle, mais déjà habité d’une volonté têtue : celle de pousser vers le soleil.
Au fil des ans, mes racines ont exploré le sol sec, y trouvant juste assez d’eau pour vivre, et mes feuilles argentées ont appris à parler avec le mistral. J’ai grandi sous les étés brûlants, les hivers rares mais mordants, et les siècles humains qui passaient devant moi comme le vent court dans mes branches.
J’ai vu les hommes changer.
Les premiers m’ont taillé avec respect, parlant patois et soleil. Leurs enfants venaient jouer à mon ombre, chassant les lézards sur mes racines. Puis les temps ont changé : les guerres, les départs, les retours, les vendanges bruyantes, les silences aussi. J’ai connu les chevaux, puis les tracteurs. Les mains calleuses, puis les mains pressées. Certains hivers, je regardais les toits fumer en espérant que les hommes n’oublient pas de revenir me tailler.
Mais moi, je suis resté. Fidèle. Patient. Toujours debout.
Un siècle a glissé ainsi, feuille après feuille, fruit après fruit.
Puis est venu cet hiver…
1956.
Le froid a dévalé les collines comme un animal affamé. En une nuit, la sève a figé dans mes veines. Je me souviens encore du craquement sourd qui m’a traversé, comme si mon cœur de bois se brisait. Le gel m’a assailli sans pitié. J’ai résisté. J’ai lutté. Mais au matin, je savais. Une part de moi était morte.
Les hommes sont revenus, l’air grave. Ils ont coupé ce qui ne repartirait pas. Mes branches, mes souvenirs, ma silhouette de géant.
Je suis resté là, simple souche, exposée au soleil, au vent, à la pluie. Année après année, j’ai vu la vie poursuivre sans moi.
On m’a oublié.
Les mousses ont grimpé sur mes flancs. Les insectes ont fait de moi un refuge.
J’ai attendu.
Longtemps.
Puis un jour, des pas.
Une main.
Une voix qui dit : « Regarde-moi ça… un ancien de 56… »
On m’a soulevé, respectueusement. On m’a débarrassé de la terre, des épines, du temps qui m’enveloppait. Pour la première fois depuis des décennies, j’ai senti qu’on me voyait encore. Qu’on me reconnaissait.
Et c’est là que ma seconde vie a commencé.
Dans l’atelier La Gu**le de Bois, sous les outils, la lumière, la patience, j’ai retrouvé une forme. Une chaleur. Une âme. On m’a sculpté, poli, révélé. Chaque veine de mon bois raconte une année de soleil, chaque nœud un hiver, chaque fibre un souvenir.
Aujourd’hui, je ne porte plus de feuilles.
Je porte des mots.
Je suis un stylo, né d’un arbre centenaire.
Je glisse dans les mains comme autrefois le vent glissait entre mes branches.
Je continue d’écrire l’histoire, non plus debout dans un champ, mais au rythme de ton imagination.
Je ne suis plus seulement un olivier.
Je suis une mémoire.
Une renaissance.
Une nouvelle histoire entre tes doigts.
Chaque stylo est un modèle unique. Disponible à la boutique L'atelier d'Angèle - boutique artisanale d'art à la Crau ou commande en Mp.