16/06/2026
Rossal : L'Énigme du Septième Fondateur de l'Ordre du Temple
Dans la cohorte des neuf chevaliers fondateurs de la Militia Christi, si certains noms résonnent avec éclat dans les chroniques historiques, d'autres semblent avoir été volontairement recouverts par le manteau blanc de l'anonymat. C'est le cas de Rossal, souvent désigné comme le septième Templier.
S'il est l'un des personnages les plus énigmatiques de cette fraternité originelle, sa présence aux côtés de Hugues de Payns et Godefroy de Saint-Omer n'en demeure pas moins essentielle. Voici ce que l'Histoire (et la tradition) nous permet de reconstituer sur ce chevalier de l'ombre.
I. Le Labyrinthe des Noms : Rossal, Roral ou Roland ?
La première difficulté lorsque l'on enquête sur ce chevalier réside dans l'orthographe fluctuante de son nom à travers les manuscrits. Les copistes et les chroniqueurs médiévaux n'avaient pas de règles orthographiques fixes.
• Les variantes : On le retrouve sous les noms de Rossal, Roral, Roralle, ou encore Roval.
• La traduction latine : Dans les actes officiels du Concile de Troyes, il est souvent mentionné sous le nom latinisé de Rolandus (Roland).
• L'association systématique : Dans de nombreuses listes, son nom est presque toujours accolé à celui d'un autre fondateur, Gondemare (ou Gondemar). Ils forment un duo indissociable dans les récits des origines de l'Ordre.
II. L'Hypothèse des Origines : La Piste de Seborga
Contrairement à Archambaud de Saint-Aignan dont on peut tracer les liens potentiels avec la noblesse du Bourbonnais, les origines familiales de Rossal échappent aux archives classiques. Cependant, une théorie historique très tenace propose une origine fascinante.
• Le passé monastique : Selon cette tradition, Gondemar et Rossal auraient été d'anciens moines.
• Le lien avec Saint Bernard : Ils auraient appartenu à un monastère cistercien situé à Seborga, dans le nord de l'Italie.
• Une fondation prestigieuse : Ce monastère aurait d'ailleurs été fondé par Bernard de Clairvaux lui-même en l'an 1112.
• Un carrefour templier : Ce lieu précis verra passer, tout au long de son histoire, plusieurs autres chevaliers du Temple.
Si cette hypothèse est exacte, cela signifierait que Rossal n'était pas un simple noble venu chercher le salut, mais un religieux de la première heure. Cela expliquerait l'influence immense de l'ascèse monastique sur les premières années de la fraternité : Rossal et Gondemare auraient apporté cette rigueur spirituelle de l'intérieur.
III. Le Choix de l'Épée : L'Urgence de Jérusalem
Que la piste cistercienne soit avérée ou qu'il ait été un chevalier classique, la présence de Rossal à Jérusalem vers 1118 répond à la même urgence que celle de ses compagnons.
Face aux massacres incessants des pèlerins chrétiens sur les routes allant de Jaffa à Jérusalem, Rossal fait le choix radical de sortir de la passivité. S'il était effectivement moine, ce basculement est d'autant plus révolutionnaire : il accepte de prendre les armes et de verser le sang pour protéger les innocents.
En rejoignant la toute nouvelle Militia Christi, Rossal s'engage à respecter une pauvreté absolue, la chasteté et l'obéissance. Il devient l'un des premiers patrouilleurs des routes mortelles de Judée, vivant dans le dénuement sur l'esplanade du Mont du Temple.
IV. 1127-1129 : Le Témoin de la Consécration
La trace la plus historique et indéniable de Rossal se situe une dizaine d'années après la création du groupe originel.
• Le Voyage en Occident : Lorsque l'Ordre, nécessitant des renforts et une reconnaissance institutionnelle, décide d'envoyer des émissaires en Europe en 1127, Rossal fait partie de la délégation restreinte qui accompagne Hugues de Payns.
• Le Concile de Troyes : Le 13 janvier 1129, Rossal est physiquement présent à Troyes. Il se tient devant les évêques et le légat du Pape pour témoigner de son expérience sur le terrain.
• Le poids du silence : Si c'est Hugues de Payns qui prend principalement la parole pour exposer leur mode de vie au concile, la présence silencieuse de Rossal et de ses quelques frères sert de caution vivante. Leurs corps marqués par les combats et l'austérité du désert convaincront les autorités religieuses d'approuver le projet.
En fin de compte, Rossal incarne le Templier absolu : un homme qui a laissé s'effacer son ego, son identité précise et sa propre biographie pour servir une cause collective. Sans ce septième chevalier, prêt à s'exiler dans les chaleurs d'Orient, le mythe immortel des Chevaliers du Temple n'aurait pas été complet.
Nous vous invitons à venir forger votre bien-être et votre spiritualité sur le chemin des Chevaliers et des Templiers à
📍L'Échoppe du Templier de Pézenas 30 Rue Anatole France, Pézenas (Hérault)
« Non nobis, Domine, non nobis, Sed, Nomini tuo da gloriam. »
Non pas à nous, Seigneur, non pas à nous, mais à ton Nom donne la gloire.