23/06/2026
C’est ironique : je passe mes journées à donner confiance aux autres pour créer, mais je vous cache mon propre travail depuis plus de dix ans.
Quand ça me concerne moi, je suis incapable d’appliquer mes propres conseils. Je ne compte plus le nombre de personnes qui m’ont demandé : « Oh, et vous alors, est-ce que vous faites des choses avec vos peintures ? » À chaque fois, je botte en touche. Je sers des réponses évasives.
La vérité ? Je ne dessine presque plus. J’ai passé de longs, de très longs mois sans même tenir un crayon.
Pourtant, toute mon enfance, je dessinais. TOUT LE TEMPS. Je passais mon temps à bricoler, à inventer. Même chose à l’adolescence : je passais plus d'heures à créer des personnages qu'à écouter les cours magistraux. J’ai suivi le parcours logique, les options arts plastiques, une prépa, puis les Beaux-Arts… Parce que créer, peindre, fabriquer, a toujours été un besoin vital. Une partie intégrante de mon identité.
Je ne saurais pas dire à quel moment exact les choses ont commencé à tourner au vinaigre. Quand le syndrome de l’imposteur a commencé à m'étouffer, au point de ne plus oser toucher un pinceau.
Je m’y suis remise parfois. Un peu… Le temps d’ouvrir un carnet, de réaliser un travail plus ciblé. Pour ensuite tout ranger, tout cacher de nouveau. Ne rien montrer. À personne. Je ne compte plus le nombre de dessins qui ont fini à la poubelle sans même avoir été partagés avec mon compagnon.
Je prône l'indulgence auprès de mes élèves et de mes stagiaires. Mais je suis incapable de me l’appliquer.
Alors aujourd’hui, je fais quelque chose d’assez difficile pour moi. Je le pose ici, à voix haute, pour essayer de me soigner et de m’accorder, enfin, un peu de cette fameuse indulgence.
La partie n’est pas gagnée, mais je reprends les pinceaux. Et vous le montrer, c’est déjà un immense pas. ✨