24/05/2026
Retour de Swalmen.
Le marché de la céramique se tient dans une grande prairie aux Pays-Bas. Ça existe depuis des années. J'y allais pour la première fois, principalement pour une raison : voir en vrai le travail de deux potiers anglais qui me fascinent depuis longtemps.
collins.75 travaille sur Dartmoor, dans le Devon. Il cuit au bois, parfois jusqu'à 80 heures d'affilée, à 1300°C, avec des équipes qui se relaient toutes les 6 heures.
Collins dit lui-même qu'il trouve la perfection ennuyeuse. Ce qu'il cherche, c'est autre chose - des cicatrices du feu, des imperfections, une intensité brute. En vrai, les pièces sont encore plus puissantes que sur les photos.
Tom Knowles Jackson, lui, tourne sur un tour à pieds McMeekin et cuit en réduction au gaz et bois. Il travaille avec une palette réduite d'émaux dérivés de cendres de bois, d'oxyde de fer et de cuivre. Ce qui me touche dans son travail, c'est l'équilibre entre une forme très maîtrisée et une surface qui reste vivante, organique. Il fait de la vaisselle fonctionnelle - pour la table, la cuisine - avec l'idée que manger et boire sont des cérémonies. C'est exactement ça.
Et puis j'ai découvert le travail de Matthias Kurig, potier allemand basé à Düsseldorf. Une partie de sa production est cuite au gaz avec du sel - la cuisson sodium. Le sel projeté dans le four à haute température réagit avec la silice de la terre et forme une glaçure directement en surface. Une technique qui remonte au Moyen Âge en Rhénanie, et que Kurig pratique avec une sensibilité très contemporaine.
Je suis rentré avec quelques pièces. Pas beaucoup. Mais des pièces choisies.