Monsieur Pot

Monsieur Pot Olivier Hermia Céramiste potier. Objets du quotidien en céramique. Habite et travaille en provi

Retour de Swalmen.Le marché de la céramique se tient dans une grande prairie aux Pays-Bas. Ça existe depuis des années. ...
24/05/2026

Retour de Swalmen.

Le marché de la céramique se tient dans une grande prairie aux Pays-Bas. Ça existe depuis des années. J'y allais pour la première fois, principalement pour une raison : voir en vrai le travail de deux potiers anglais qui me fascinent depuis longtemps.
collins.75 travaille sur Dartmoor, dans le Devon. Il cuit au bois, parfois jusqu'à 80 heures d'affilée, à 1300°C, avec des équipes qui se relaient toutes les 6 heures.
Collins dit lui-même qu'il trouve la perfection ennuyeuse. Ce qu'il cherche, c'est autre chose - des cicatrices du feu, des imperfections, une intensité brute. En vrai, les pièces sont encore plus puissantes que sur les photos.

Tom Knowles Jackson, lui, tourne sur un tour à pieds McMeekin et cuit en réduction au gaz et bois. Il travaille avec une palette réduite d'émaux dérivés de cendres de bois, d'oxyde de fer et de cuivre. Ce qui me touche dans son travail, c'est l'équilibre entre une forme très maîtrisée et une surface qui reste vivante, organique. Il fait de la vaisselle fonctionnelle - pour la table, la cuisine - avec l'idée que manger et boire sont des cérémonies. C'est exactement ça.

Et puis j'ai découvert le travail de Matthias Kurig, potier allemand basé à Düsseldorf. Une partie de sa production est cuite au gaz avec du sel - la cuisson sodium. Le sel projeté dans le four à haute température réagit avec la silice de la terre et forme une glaçure directement en surface. Une technique qui remonte au Moyen Âge en Rhénanie, et que Kurig pratique avec une sensibilité très contemporaine.

Je suis rentré avec quelques pièces. Pas beaucoup. Mais des pièces choisies.

Il reste deux places pour le stage des 12, 13 et 14 juin.Monter plus grand, c'est une autre histoire. Le corps change de...
23/05/2026

Il reste deux places pour le stage des 12, 13 et 14 juin.

Monter plus grand, c'est une autre histoire. Le corps change de posture, les gestes s'allongent, les appuis se déplacent. Ce que l'on croyait acquis avec 500 grammes de terre se repose entièrement avec 2 ou 3 kilos.

C'est exactement ce qu'on travaille pendant ces trois jours. Centrer de grandes masses, construire des formes qui tiennent, exploiter chaque gramme. Jarres, bouteilles, formes ouvertes et refermées. Les gestes que la petite terre ne demande pas.

Ce stage s'adresse à ceux qui tournent déjà et qui veulent franchir un cap.

9h30 - 16h30, à l'atelier, à Amay. 290 € terre et cuissons non comprises.

Plus que deux places.

Infos et inscription : atelierash.be

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Tout a commencé lors d'une formation sur la chimie des émaux à l'atelier. Une participante cherchait un émail avec de l'...
21/05/2026

Tout a commencé lors d'une formation sur la chimie des émaux à l'atelier. Une participante cherchait un émail avec de l'orangé. Je lui ai proposé d'explorer le rouge de fer - le kaki.

Les travaux de Tim Thornton sur ces émaux m'avaient depuis longtemps donné envie de m'y aventurer. C'était l'occasion.

On a d'abord fait une progression biaxiale silice/alumine pour trouver le bon point de fusion à cône 9 en oxydation. Ensuite une progression linéaire en 11 tests, en faisant varier deux variables : l'oxyde de fer rouge et la cendre d'os.

Le test 5 est le plus concluant. Il correspond à 10,8% d'oxyde de fer et 10% de cendre d'os, ajoutés hors base.

Pourquoi la cendre d'os ? Elle apporte du phosphore sous forme de P₂O₅ - un fondant secondaire qui joue un rôle clé dans les rouges de fer. Il favorise la séparation de phase dans l'émail, ce phénomène optique qui produit cette couleur rouge sang caractéristique. Trop peu, les effets ne se développent pas. Trop, l'émail perd sa tension - le rouge disparaît au profit de bruns et de noirs.

Les tests 3 à 8 donnent tous de belles surfaces. Mais c'est au test 5 que l'équilibre fer/phosphore produit le rouge le plus franc.

La suite : explorer l'épaisseur d'application et le profil de cuisson. Deux variables encore ouvertes.

Il y a des commandes qui surprennent.Il y a quelques semaines, on m'a demandé de tourner des vases et des grandes boutei...
16/05/2026

Il y a des commandes qui surprennent.

Il y a quelques semaines, on m'a demandé de tourner des vases et des grandes bouteilles de 50 cm pour illustrer une exposition. Une exposition sur Picasso.

Je ne vais pas mentir - quand j'ai lu le message, j'ai relu deux fois.

Les pièces sont tournées sur des modèles de Suzanne Ramié, fondatrice de l'atelier Madoura, à Vallauris, dans le sud de la France. C'est elle, et son atelier, qui ont fourni à Picasso le support de son travail céramique.
Presqu'une toile. Il y posait ses coups de pinceau, ses personnages, ses formes. Des centaines de pièces produites ainsi, dans les années 50.

Tourner ces formes, c'était un peu entrer dans cette histoire par une petite porte. Penser à ces mains anonymes qui travaillaient la terre pendant que le peintre attendait ses supports.

On parle souvent du peintre. Rarement de la céramiste qui lui donnait la matière.
C'est le genre de commande qui reste.

L'exposition voyage. Elle est actuellement visible en Bretagne jusqu'au 29 novembre, au château de Kérouzéré.
Toutes les infos : kerouzere.fr/picasso-lexposition/

24/04/2026

Yunomi. La tasse à thé du quotidien.

C'est un objet que j'aime particulièrement. Pas besoin d'une série parfaitement régulière - ce que je cherche, c'est une forme que j'ai bien en tête.

Un cylindre divisé en deux zones. Le bas, un peu ventru, se loge dans la paume. Le haut s'ouvre légèrement pour laisser le liquide s'écouler sans effort. La séparation entre les deux, c'est un petit bourrelet de terre que je laisse lors de la dernière montée et que j'accentue du bout du doigt.

Je ralentis le tour en fin de montée pour laisser les traces du geste visibles sur la paroi. Pas d'estèque. Le tournassage sera minimal. La forme garde sa vie.

La lèvre est travaillée à la peau de chamois. C'est la partie la plus importante à mes yeux - celle que l'on voit, celle qui touche la bouche.

Terre RDB des . Un grès chamoté qui réagit très bien à la réduction en cuisson bois. Ces pièces rejoindront le four Girel 3E à pour la prochaine fournée.

16/04/2026

Moment d'atelier.
Des plaques de test. Du grès blanc chamoté passé à la croûteuse, pressé sur un moule en plâtre fait maison. Le moule imprime une grille de 25 cases - chacune recevra un échantillon d'émail différent.

C'est le point de départ des tests de progression biaxiale silice/alumine. Une façon méthodique d'explorer comment ces deux variables modifient la fusion, la surface, la texture, le brillant. Un travail de fond, un peu scientifique, beaucoup artisanal.

Le prochain stage sur la chimie des émaux a lieu en mai. Il est complet. Mais il y en aura d'autres en 2026.
Pour être informé des dates en avant-première, la newsletter est le meilleur endroit. Lien en bio.

Trois jarres sorties du dégourdi.Grès des Argilières Hins de Saint-Aubin.À ce stade, la terre est encore poreuse, prête ...
13/04/2026

Trois jarres sorties du dégourdi.
Grès des Argilières Hins de Saint-Aubin.

À ce stade, la terre est encore poreuse, prête à recevoir l'émail. Mais je ne me presse pas.
Je les laisse sur l'étagère. Je passe devant, plusieurs fois par jour. Je les regarde sous la lumière du matin, puis celle du soir. Je tourne autour.

Chaque forme appelle un émail, et c'est la pièce qui finit par me le dire - pas l'inverse.
Parfois la décision vient vite. Parfois il faut plusieurs jours. Parfois je change d'avis la veille de l'émaillage.

C'est aussi ça, mon travail.

Petite moon jar. 22 cm de haut. Grès RDB des Argilières Hins de Saint-Aubin. Cuisson oxydante.Deux émaux superposés. Un ...
30/03/2026

Petite moon jar. 22 cm de haut. Grès RDB des Argilières Hins de Saint-Aubin. Cuisson oxydante.

Deux émaux superposés. Un premier à l'oxyde de fer et aux cendres d'os, sur lequel je verse un émail blanc crème. À la cuisson, les deux se rencontrent. Il en sort des bruns, des bleus, des verts — un émail chamarré qui fait parfois penser à certains plumages d'oiseaux.

L'émail est brillant, mais pas trop. Il renvoie une lumière douce, sans éclat dur.

La pose demande de la justesse. Trop épais ou trop bas, l'émail coule et colle sur la plaque du four. Trop fin, les mouvements ne se développent pas. C'est entre les deux que tout se joue.

Sur cette pièce, je ne sais pas si c'est la forme qui met en valeur l'émail ou l'inverse. Mais les deux se répondent bien.

Bol tourné à la motte. Terre RDB des Argilières Hins. Émail à la cendre de bois. Cuisson bois dans le four Girel 3E, à L...
28/03/2026

Bol tourné à la motte. Terre RDB des Argilières Hins. Émail à la cendre de bois. Cuisson bois dans le four Girel 3E, à La Louvière, au centre de la céramique Keramis.

La cendre fond, coule, se fige. Chaque bol sort du four avec sa propre histoire.

En ce moment, je tourne une nouvelle série — bols, yunomi, bouteilles — qui rejoindront le four pour la prochaine cuisson bois. D'autres surfaces à découvrir, d'autres surprises à attendre.



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