17/01/2024
Le mystère des Vikings : l’arc d’Haithabu
Mon nouveau projet pour cette année : vous présenter chaque mois un arc traditionnel et ses particularités.
Pour commencer, nous nous rendons dans le nord de l’Allemagne dans l’actuelle ville portuaire d’Hedeby, anciennement Haithabu.
En 1969, des archéologues ont dévoilés un arc complet et plusieurs autres fragments, 6 en if et un en orme : deux bois excellents pour la facture d’arc. Ils ont été datés entre 800 et 1000 AD.
La première observation notable est que l’ensemble des arcs ont été fabriqués à partir de jeunes arbres, ce qui se remarque par la présence de nombreux noeuds sur presque tous les fragments. On sait que les noeuds sont des points de faiblesses pour les arcs, alors pourquoi ne pas utiliser des ifs de plus grand diamètre afin d’avoir un arc sans noeuds?
Tout d’abord car l’if pousse très lentement (+- 1 mm de diamètre par an et encore plus dans les régions froides), les grands ifs devaient donc être rares et de nombreux arcs étaient nécessaires.
Ensuite, utiliser un grand arbre demande d’enlever beaucoup plus de matière pour atteindre les dimensions d’un arc, ce qui implique une durée de fabrication bien plus longue, malgré le fait que les vikings utilisaient déjà des outils en fer.
Mais ce qui rend ces arcs vraiment particulier, se trouvent à leurs extrémités.
Tout d’abord, à environ 15 de chaque poupée est planté un clou dans la face de l’arc. Ce clou devait être positionné avec attention afin de ne pas fragiliser l’arc, mais à quoi servait-il? L’hypothèse la plus probable est que le clou permet de désarmer l’arc sans que la corde ne quitte l’arc.
Enfin, au-delà des poupées, on retrouvent des extensions épaisses d’environ 10 cm qui ont été recourbée vers l’archer. Cette masse à l’extrémité de l’arc pose beaucoup de questions car on sait que du poids inutile à cet endroit va ralentir la vitesse de l’arc de façon non négligeable. Il est toutefois certain que ces extensions ont été réalisées en pleine conscience et avec un objectif clair.
Plusieurs hypothèses existent : elles serviraient de poignées pour utiliser l’arc comme bâton de ski, ou encore comme manche pour ajouter une lame au bout de l’arc. Aucune preuves n’ont été retrouvées pour appuyer ces hypothèses.
Mon avis personnel est que ces extrémités recourbées sont des point d’appui qui permettent d’armer l’arc beaucoup plus facilement rapidement et en utilisant moins d’espace, ce qui est particulièrement utile si l’arc doit être armée sur une embarcation.
Si l’arc reste constamment tendu par la corde, il va perdre sa puissance beaucoup plus rapidement, les vikings avaient donc besoin d’une façon de l’armer rapidement en cas de besoin. Grâce au clou, la corde reste en position sur l’arc, la main gauche peut donc être placée sur l’arc et la main droite sur l’extrémité supérieur qui, étant légèrement recourbée, facilite la flexion d’un arc d’une grande puissance (75 livres et plus). En tirant ensuite sur la corde, celle-ci va naturellement glisser vers les encoches situées quelques centimètres plus loin.
Voilà mon opinion sur cet arc mystérieux, maintenant il reste à mettre cette théorie en pratique. Affaire à suivre…
On se retrouve dans un mois pour découvrir un nouvel arc !
Source :http://www.branche-rouge.org/les-articles/tous-les-articles/artisanats/archerie/arcs-d-haitabu/the-haithabu-bows.0.pdf