10/12/2026
Une petite réflexion sur l’impression 3D en Abitibi…
Quand j’ai commencé à faire des marchés et des kiosques avec mes impressions 3D, j’ai toujours aimé discuter avec les gens, partager ma passion et répondre à leurs questions. On me demandait quelles machines acheter, quelles marques privilégier, quels outils utiliser et comment je fonctionnais. Ça me faisait plaisir de partager mon expérience et d’aider d’autres personnes à découvrir cet univers.
Aujourd’hui, je vois de plus en plus de gens que j’ai connus dans les marchés, parfois même d’anciens clients avec qui j’avais eu de très belles conversations, se lancer dans le même domaine. Je n’ai absolument rien contre le fait que les gens se lancent en impression 3D. Au contraire, c’est une belle passion qui mérite d’être découverte.
En Abitibi, nous avons tous la possibilité de nous démarquer avec notre propre niche : certains font des pièces techniques, d’autres des sculptures, des objets décoratifs ou des créations artistiques. De mon côté, j’ai choisi l’impression 3D de divertissement : des jouets, des instruments de musique, des lumières et toutes sortes d’objets amusants.
Ce qui me déçoit particulièrement, c’est de voir certaines personnes reprendre directement mes produits, mes modèles et mes façons de faire. J’ai l’impression que, pour certaines d’entre elles, le fait de voir ma popularité augmenter, de voir les gens s’arrêter en grand nombre à mon kiosque et de constater l’intérêt pour mes produits a créé une certaine jalousie. Plutôt que de chercher à développer leur propre niche et leur propre identité, elles semblent avoir choisi de reproduire ce qui fonctionne déjà pour moi. Au bout du compte, ce sont des ventes qui se retrouvent partagées avec des gens qui proposent parfois exactement les mêmes produits.
Le plus ironique, c’est que certaines de ces personnes m’ont même contacté pour obtenir de l’aide afin de réparer leurs machines et pouvoir continuer à vendre les mêmes types de produits que moi. Et malgré tout, je les ai aidées. J’ai pris le temps de répondre à leurs questions, de partager mes connaissances et de leur donner un coup de main, sans penser que cette aide pourrait un jour contribuer à me faire directement concurrence.
Honnêtement, c’est difficile à accepter, surtout quand ces personnes sont des gens avec qui j’avais l’impression d’avoir développé de bonnes relations.
Il y a aussi un aspect important qu’on oublie parfois : vendre des impressions 3D ne signifie pas automatiquement avoir le droit de vendre les modèles qu’on imprime. De mon côté, je dépense plus de 200 $ par mois en licences commerciales pour avoir le droit de vendre une grande partie des modèles que j’imprime. C’est un investissement important, mais je considère que le travail des créateurs mérite d’être respecté.
Au fond, ce qui me rend le plus triste, ce n’est pas de voir de nouveaux vendeurs apparaître en Abitibi. Il y a de la place pour tout le monde. C’est plutôt de voir des gens à qui j’ai généreusement partagé mon expérience reprendre directement ce que j’ai mis du temps à bâtir, parfois sans même respecter les règles qui permettent aux créateurs de vivre de leur travail.
Je continuerai à créer, à participer aux marchés et à partager ma passion. Mais cette expérience m’aura appris qu’on peut être généreux avec les autres sans nécessairement devoir leur dévoiler tous les secrets de ce qu’on construit.
La concurrence fait partie des affaires. Mais l’entraide, le respect du travail des autres et l’originalité devraient aussi en faire partie. On peut réussir sans chercher à devenir la copie de quelqu’un d’autre. ❤️