06/16/2026
Je termine mon rĂ©cit du Maroc sur cette rĂ©flexion⊠elle est longue sorry! đ€Ł Ă Essaouira, la beautĂ© ne semble pas avoir Ă©tĂ© recherchĂ©e. Elle paraĂźt ĂȘtre la consĂ©quence naturelle dâune maniĂšre ancestrale et cohĂ©rente dâhabiter un lieu. Les couleurs, les matiĂšres et les formes donnent lâimpression dâavoir Ă©tĂ© raffinĂ©es pendant des siĂšcles jusquâĂ atteindre une forme de justesse Ă©vidente.
Rien ne semble avoir été ajouté pour suivre une tendance ou créer un effet. Le bleu répond à la mer et à la lumiÚre, les murs au climat, les patios à la fraßcheur, les matériaux naturels au paysage environnant. Le bois, la pierre, la terre cuite, les fibres tressées et les formes arrondies créent une esthétique profondément humaine, instinctive,biophilique.
Ce qui frappe, câest que lâartisanat, lâarchitecture et la vie quotidienne forment un tout. La beautĂ© nâest pas sĂ©parĂ©e de la fonction : elle en dĂ©coule. Comme si des gĂ©nĂ©rations dâartisans avaient lentement perfectionnĂ© une façon dâhabiter qui rĂ©pond autant aux besoins du corps quâĂ ceux de lâĂąme.
Au QuĂ©bec, notre environnement bĂąti raconte une autre histoire. Plus rĂ©cente, plus industrielle, marquĂ©e par la rapiditĂ© de construction, lâefficacitĂ© et la standardisation. đ Nous avons bien sĂ»r notre propre patrimoine architectural, mais nous avons souvent perdu ce lien naturel entre le geste artisanal, le territoire et lâesthĂ©tique du quotidien.
Peut-ĂȘtre est-ce pour cela quâEssaouira nous touche autant. Parce quâelle nous rappelle une Ă©poque oĂč la beautĂ© nâĂ©tait pas un ajout, une touche Instagram mais une composante essentielle de la maniĂšre de vivre. Une beautĂ© assumĂ©e, colorĂ©e et gĂ©nĂ©reuse, qui ne semble jamais forcĂ©e, parce quâelle est nĂ©e du lieu, de son climat, de sa culture et de la sagesse accumulĂ©e de ceux qui lâont façonnĂ© avant nous. Voici⊠je reviens lentement Ă ma rĂ©alitĂ© đ