30/10/2025
Ah, le planning de chantier.
Ce magnifique document Excel aux cases multicolores qui rassure les clients et fait trembler les artisans.
Parce qu’il faut le dire franchement : le planning parfait, ça n'existe pas plus qu'un mur d'équerre dans une longère. C'est une légende qu'on raconte au coin du feu pendant les soirées pyjama entre artisans.
Qu'on se le dise , pour le second oeuvre, les semaines d'intervention sont parfois estimées plus d'un an en avance. Avant même que le premier coup de pelle soit donné.
On le révise, on le recalcule, on le polit tous les matins comme un bijou avec la douce illusion que " cette fois c'est la bonne "… puis chaque soir, la réalité du chantier le transforme en un vieil hectoplasme de spaghetti mous parceque Mme Muche sera finalement absente la semaine prochaine ou que la vieille faïence de Mr Truc cachait un mur pourri qu'il va falloir refaire entièrement . Bref le destin adore tester la fiabilité de nos tableurs Excel.
Et puis il y a les autres corps de métier.
Le maçon a pris du re**rd parce qu’il pleuvait,
l’électricien ne peut pas passer parce que le plaquiste n’a pas fini,
et le carreleur attend d'avoir fini d’attendre le plombier pendant que le peintre lui attend le carreleur.
C’est un peu comme un jeu de dominos, sauf que les dominos sont composés d'entreprises aux contraintes et planning tous différents , des imprévus qui leurs sont propres et de la main d'oeuvre souvent manquante et parfois fluctuante.
Oui parcequ'il y a le facteur humain.
Nos salariés, ces braves âmes sans lesquels rien ne seraient possible, se marient, font des enfants, enterrent des proches, tombent malades ou parfois même se reposent.
Et malheureusement , nous n’avons pas de stock d'ouvriers de rechange en hibernation dans un hangar climatisé, prêts à sortir du carton au moindre imprévu.
Et tout ça se passe sous le contrôle de notre grand cheffe d'orchestre : la meteo. Un autre facteur sans lequel notre planning pourrait être géré comme celui d'un dentiste.
Cette maîtresse capricieuse qui décide si, oui ou non, on pourra travailler dehors.
Et quand Evelyne Dhélia doute , l'artisan s'abstient. Parceque vaut mieux un petit re**rd, qu'un sinistre décennale.
Si on comprend l’impatience et les conséquences que cela peut impliquer , un planning flou n'est pas forcément le résultat d'un artisan desinvolte
mais d'un métier qui dépend du ciel et de l'humain ...et ça aucun logiciel n’a encore réussi à le programmer.