15/12/2025
Il y a parfois des surprises qui n’ont rien d’agréable. on le sait … mieux vaut faire envie que pitié… mais quand même !
Découvrir, au détour des réseaux sociaux, une affiche de Vernou-sur-Brenne dont la composition reprend de manière évidente un principe graphique que nous avons conçu, développé et exploité depuis plusieurs années en fait partie.
Non pas parce qu’il s’agit d’une illustration vectorielle - ce serait une lecture simpliste et erronée - mais parce que l’on reconnaît immédiatement un modèle de composition précis : l’imbrication de plusieurs monuments emblématiques, articulés dans une narration visuelle unique destinée à incarner l’identité d’un village.
Soyons très clairs.
Le sujet n’est pas la technique. Le vectoriel, comme l’aquarelle ou la photographie, est un outil, largement partagé, et personne n’en revendique l’exclusivité.
Le sujet est ailleurs : il réside dans la construction graphique, dans la manière d’assembler, de hiérarchiser et de faire dialoguer des éléments patrimoniaux pour créer une signature reconnaissable, cohérente et différenciante.
C’est précisément ce principe de composition, inédit au moment de sa création et jusqu’alors inexploité dans ce registre, que nous avons déposé juridiquement en début 2022 lorsque nous avons lancé notre petite activité d’illustrateurs des jolis villages delà région Centre- val de Loire .
Ce point est fondamental et il est d’ailleurs solidement étayé par la jurisprudence.
Pour rappel, nos confrères et amis de La Loutre ( précurseurs reconnus de l’affiche vectorielle contemporaine à succès ) ont remporté leur procès pour plagiat face à un acteur qui avançait exactement le même argument que celui qui nous est opposé aujourd’hui :
« Personne n’a inventé le rose, le jaune, le violet ou le bleu. »
Le tribunal a été très clair.
S’il est impossible de s’approprier une technique ou une couleur, il est en revanche tout à fait légitime - et légal - de protéger un style identitaire graphique, dès lors qu’il est caractérisable, cohérent et distinctif.
C’est exactement le cas ici.
Notre travail ne repose pas sur un effet de mode ou une simple exécution graphique, mais sur une recherche de fond, une écriture visuelle pensée comme un langage, avec ses règles, ses équilibres et sa logique interne.
Parler “d’inspiration” lorsqu’une composition reprend ces codes de manière aussi directe ne suffit malheureusement pas à écarter la question du plagiat.
Ce message n’a pas vocation à polémiquer inutilement ni à attaquer qui que ce soit.
Il est là pour rappeler, informer et poser un cadre.
Car non, tout n’est pas permis sous prétexte qu’un style est à la mode ou qu’une technique est répandue.
Heureusement, il existe des cadres législatifs qui protègent la création, la propriété intellectuelle et le travail des studios, agences et artistes qui investissent du temps, de l’énergie et de la réflexion dans des démarches originales.
Nous espérons sincèrement ne pas avoir à faire valoir nos droits plus avant.
Mais il serait regrettable de croire que l’on peut s’affranchir de ces règles sans jamais en assumer les conséquences.
La création mérite le respect.
Et le droit existe précisément pour le garantir.