14/04/2026
Assiette « main », comme une petite ode à Pech Merle.
Je me souviens très bien de la première fois où j’ai visité la grotte de Pech Merle. Je dirais que c’était il y a une quinzaine d’années, je travaillais alors à la et j’accompagnais des artistes pour leur faire découvrir la grotte. À l’époque j’étais pas très « grotte ». Je ne m’attendais à rien de particulier. Et je me souviens de l’émotion qui m’a saisie, la première fois que j’ai vu cette trace de main datant de plus de 25 000 ans ! S’imaginer qu’un humain avait posé sa main à cet endroit, il y a si longtemps et y avait laissé sa trace, c’était incroyable.
Des peintures rupestres continuent de s’égrener dans la grotte avec des mammouths, des chevaux, des bisons, des mains donc et des silhouettes humaines.
Je me souviens aussi de voir les racines d’un chêne à l’intérieur de la grotte s’étirer sur plusieurs mètres pour aller chercher de l’eau si profondément dans les cavités du sol. On les voit parfois si petits les chênes du Lot que s’imaginer cette force de vie sous terre est assez impressionnant…
Quant à cette assiette, elle s’est faite tout à fait par hasard. En fait je réalise souvent des petites coupelles pour faire comme des mini assiettes pour tester mes émaux ou mes terres. En septembre, j’avais fait des petites coupelles à la cendre de chêne, avec des motifs aléatoires au pinceau. Un peu plus tôt cette année, Estelle de m’a demandé si je pouvais les faire en un peu plus grand, au format petite assiette. J’ai accepté et je trouvais que sur cette coupelle, on aurait dit des phalanges donc j’ai décidé de creuser dans cette direction. Je suis donc partie sur un motif un peu abstrait, mais en mettant la trace de mes doigts dans l’émail de cendre et en reprenant ensuite les motifs au pinceau.
Ces assiettes sont sorties avec un émail de cendre, beaucoup plus beige cette fois-ci, et quand elles sont sorties du four, elles m’ont fait penser à cette trace de main à Pech Merle. C’est rigolo, parfois, les endroits où la vie nous emmène. Et cette sorte de lien — la main, la trace — qui nous unit, cette humanité commune et partagée. Comme un geste qui traverse le temps.