05/07/2026
Il y a des chemins que l'on choisit… et d'autres qui nous choisissent.
Pendant près de vingt ans, ma vie d'artisane d'art s'est écrite autour du fauteuil.
Le fauteuil comme sculpture.
Le fauteuil comme poésie.
Le fauteuil comme terrain de toutes les folies.
J'ai eu l'immense bonheur de voir mes créations récompensées par plusieurs prix, du Prix du Public au Prix de l'Assemblée Nationale en passant par la relève du carrousel du Louvre, d'exposer dans de nombreux salons et de rencontrer, au fil des années, une incroyable communauté de passionnés de tapisserie… mon petit fan-club de tapissiers aux quatre coins du monde. ❤️
Puis un jour, mon corps m'a soufflé qu'il était temps d'inventer autrement.
Le geste du tapissier est exigeant. Il demande de la force, de l'endurance, des milliers de coups, des heures passées à tendre, sangler, coudre, sculpter la matière. Aujourd'hui, je ne peux plus exercer ce métier comme avant.
Mais un artiste ne cesse jamais de créer.
Il cherche.
Il expérimente.
Il recommence.
C'est ainsi que la laine cardée est entrée dans mon atelier.
La technique du feutrage à l'aiguille (ou laine piquée à l'aiguille) consiste à sculpter la laine brute sans fil ni colle. Une aiguille très particulière, munie de minuscules encoches invisibles, vient accrocher les fibres les unes aux autres. Des milliers de piqûres plus t**d, la laine se densifie, prend du volume, devient sculpture.
C'est un travail infiniment patient. Presque méditatif.
On ne construit plus avec la force…
…mais avec la précision.
Depuis quelques mois, je retrouve un immense bonheur à créer. Mes personnages prennent vie, chacun avec son histoire, son regard, sa poésie. Certains d'entre vous les connaissent déjà : Les Figures du Hasard, L'Impératrice des Songes… et d'autres sont encore bien au chaud dans mon atelier.
La Villa Frouin m'a également offert cette liberté précieuse de réinventer mon quotidien. Organiser des expositions, accueillir des artistes, faire vivre un lieu de création... tout cela nourrit aussi mon travail.
Avec les années, je découvre que la maturité apporte parfois un cadeau inattendu : moins de force peut-être… mais davantage de regard, de sensibilité et de dextérité.
Et j'ai une jolie nouvelle à vous glisser…
En octobre prochain, à l'occasion des Journées Nationales des Artistes, certaines de ces nouvelles sculptures quitteront l'atelier pour être dévoilées au public.
Je n'en montrerai pas davantage aujourd'hui…
Juste ceci : une nouvelle histoire commence.
Et j'espère de tout cœur que vous aurez envie de la suivre. ❤️
Nadège