Melle Pestouille

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✨ Sorcière-artisane, multi-créative & Éveilleuse des Sorcières®
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À quel âge est-on censé arrêter de croire à la magie ?Parce qu’apparemment, devenir adulte implique aussi de devenir rai...
08/09/2026

À quel âge est-on censé arrêter de croire à la magie ?

Parce qu’apparemment, devenir adulte implique aussi de devenir raisonnable. Enfin… en théorie.

Je me suis posé la question en terminant Althéa.

Elle était là, les yeux fermés, sa boule de cristal dans les mains, entourée de sa lune, de son chaudron, de ses plantes et de tout ce petit bazar sorcier que j’aime fabriquer. Et derrière elle, deux mots : Parenthèse enchantée.

Et je me suis dit qu’on passait quand même une bonne partie de notre enfance à croire à des choses parfaitement improbables sans que personne ne s’en inquiète. On parle à une peluche, on garde un caillou parce qu’il est « spécial », on fait un vœu devant une étoile et on est persuadée que trois coquillages trouvés en vacances représentent un patrimoine familial important.

Puis on grandit.

Et là, il faudrait devenir raisonnable.

Bon.

Personnellement, je suis devenue adulte, je paie mes factures, je prends des rendez-vous, je sais parfaitement qu’une bougie ne réparera pas ma voiture et, à ce jour, aucun tirage de cartes n’a accepté de remplir ma déclaration administrative à ma place.

Je trouve ça assez décevant, d’ailleurs. 😅

Mais je continue quand même à aimer les signes, les cartes, les lunes, les rituels, les vieilles croyances et tout ce qui laisse un peu de place à quelque chose qui dépasse le strictement pratique.

Je ne vois pas très bien pourquoi il faudrait choisir.

Avoir les pieds sur terre ne m’empêche pas de lever les yeux de temps en temps.

Et je crois que c’est exactement de là qu’est née Althéa.

Je l’ai imaginée comme une Gardienne de l’Enchantement. Pas parce qu’elle va transformer votre existence en conte de fées avant jeudi matin — si j’avais trouvé la méthode, je commencerais évidemment par chez moi — mais parce qu’elle représente cette part qu’on garde malgré tout. Celle qui croit encore un peu aux signes. Celle qui écoute son intuition. Celle qui aime les objets auxquels on donne une histoire, une intention, parfois simplement parce qu’ils nous parlent.

C’est aussi pour ça que j’ai appelé son tableau Parenthèse enchantée.

Parce qu’une parenthèse ne fait pas disparaître ce qu’il y a autour. Elle laisse juste un petit espace au milieu.

Et franchement, nos vies adultes sont déjà très compétentes pour remplir tout le reste.

Althéa a donc sa symbolique, son histoire et son petit rôle de Gardienne. Mais je ne vais pas non plus vous inventer qu’il faut absolument avoir vécu trois vies antérieures et reçu un signe de la Lune pour avoir le droit de craquer pour elle. 😅

Parfois, une création plaît simplement.

On la regarde et on pense : « Ah… celle-là. »

Et je crois beaucoup à ça aussi.

Parce qu’elle a été faite entièrement à la main. Parce que cette Althéa-là, dans ce décor-là, avec ces détails-là, n’existera qu’une fois. Et parce qu’on peut être parfaitement adulte, responsable, raisonnable la plupart du temps… et décider qu’il reste quand même une place sur un mur pour une sorcière avec une boule de cristal.

Heureusement.

Sinon, franchement, l’âge adulte manquerait sérieusement d’intérêt. 😅

✨ Althéa, Gardienne de l’Enchantement, habite une pièce unique intitulée « Parenthèse enchantée ». Elle est désormais disponible sur la boutique.

— Melle Pestouille

Ces femmes qui reviennent à ce qu’elles étaient avant de devoir s’adapterParce qu’avant de devenir raisonnables, elles é...
08/09/2026

Ces femmes qui reviennent à ce qu’elles étaient avant de devoir s’adapter

Parce qu’avant de devenir raisonnables, elles étaient peut-être surtout vivantes.

On parle beaucoup d’éveil spirituel quand il est question d’intuition, de signes, de cartes ou de synchronicités. Beaucoup moins quand il faut regarder pourquoi on s’excuse avant de parler, pourquoi on dit oui alors qu’on pense non, ou comment, avec le temps, on a appris à devenir une version de soi plus facile à gérer, à accepter ou simplement à garder près de soi. Pourtant, pour moi, ça fait aussi partie du chemin. Difficile de revenir à soi sans regarder d’abord tout ce qu’on a appris à devenir pour s’adapter.

Il y a des femmes qui, un jour, se regardent vivre et se demandent à quel moment exactement elles sont devenues cette version-là d’elles-mêmes. Cette femme calme, raisonnable, qui sourit au bon moment, répond comme il faut, sait arrondir les angles et possède désormais une compétence assez remarquable : vérifier la météo émotionnelle de toute la pièce avant de sortir la sienne.

Elles remarquent des petits trucs. Le message qu’elles écrivent franchement, puis relisent avant d’ajouter : « Désolée de te déranger… » alors qu’elles ne dérangent absolument personne. Le « aucun souci » envoyé alors qu’il y en a clairement un. Le rire qu’on retient un peu. La remarque qu’on laisse passer parce qu’on n’a « pas envie de faire une histoire ». Cette façon de préparer un non avec trois phrases d’introduction, deux excuses et presque une pièce d’identité. Et un jour, quelque chose finit par demander : « Mais au fait… est-ce que j’ai toujours été comme ça ? »

Parce qu’avant les « sois gentille », les « sois raisonnable », les « ne réponds pas comme ça », les « tu prends tout trop à cœur », il y avait souvent une fille beaucoup moins entraînée à se surveiller. Une fille qui riait sans vérifier le volume, posait ses questions sans les emballer dans du papier cadeau et savait assez vite ce qu’elle aimait, ce qu’elle refusait et ce qui lui donnait envie de partir dans l’autre sens.

Puis la vie commence son petit travail de ponçage. Pas forcément avec de grands événements. Souvent avec des détails répétés. Une remarque quand on répond trop vite. Un regard quand on parle trop fort. Une famille où l’on préfère la fille facile à celle qui pose des questions. Une relation où chaque réaction devient « excessive ». Un monde qui aime beaucoup les femmes avec du caractère, à condition que le caractère soit joli, discret et qu’il ne déplace surtout aucun meuble.

Alors on apprend. On apprend à reformuler, à attendre avant de répondre, à prendre sur soi. Formule assez formidable, d’ailleurs, « prendre sur soi ». Comme si soi était une grande étagère Ikea prévue pour supporter indéfiniment les susceptibilités, les non-dits, les attentes familiales et deux ou trois cartons émotionnels qu’on n’avait jamais commandés.

Et à force, ça finit par ressembler à une personnalité. « Moi, je suis quelqu’un de très patiente. » Peut-être. Ou peut-être que vous avez surtout appris qu’être moins patiente coûtait cher en remarques, en disputes ou en culpabilité. « Moi, je n’aime pas les conflits. » Personne ne se lève vraiment le matin en criant : « Super, un conflit, quelle belle journée ! » 😅 Mais il y a une différence entre ne pas aimer les conflits et avoir appris à éviter tellement soigneusement toute tension qu’on finit par avaler ce qu’on aurait dû dire.

Et puis il y a cette fameuse gentillesse. Celle dont on est parfois très fière, jusqu’au jour où l’on remarque qu’elle s’accompagne bizarrement de beaucoup de « pardon », de « c’est pas grave », de « je comprends » et de « laisse tomber » prononcés alors qu’on aurait surtout envie de dire : « Non. Là, ça m’a gonflée. » Sans trois couches d’adoucissant relationnel derrière.

C’est souvent là que quelque chose commence à revenir. Pas une nouvelle femme. Pas une version 2.0 avec mise à jour spirituelle et certificat d’authenticité. Juste celle qui était déjà là avant de devenir extrêmement douée pour ne déranger personne.

Au début, ce retour n’a rien de spectaculaire. C’est un message qu’on n’adoucit pas quinze fois. Un « non » qu’on laisse vivre tout seul sans lui fabriquer une dissertation justificative. Une remarque à laquelle on répond au lieu de sourire mécaniquement. Une invitation refusée parce qu’on n’a pas envie d’y aller, ce qui, contre toute attente, constitue déjà une raison valable.

Et forcément, ça surprend. Parce que les autres s’étaient habitués à une certaine version. Celle qui encaissait bien, comprenait toujours, faisait attention à l’ambiance, pouvait être blessée et quand même demander aux autres s’ils allaient bien. Alors quand cette femme commence à répondre autrement, il y a parfois cette petite phrase : « Tu as changé. »

Oui. Enfin… pas forcément. Peut-être qu’elle a simplement arrêté de corriger autant ce qui sortait naturellement.

Et c’est là que certaines femmes découvrent que ce qu’elles appelaient leur calme n’était pas toujours de la paix. Que leur prudence n’était pas toujours de la sagesse. Que leur capacité à comprendre tout le monde était parfois devenue une façon très pratique d’éviter de demander qu’on les comprenne elles aussi.

Ça ne veut pas dire qu’elles deviennent brusquement odieuses ou qu’elles mettent le feu au repas de famille à la première remarque de travers. On peut retrouver son caractère sans devenir insupportable. Heureusement, sinon certains dimanches seraient très longs. 😅 Elles gardent leur douceur, mais elles arrêtent progressivement de l’utiliser pour se faire disparaître. Elles restent capables de comprendre les autres, mais pas au point d’expliquer elles-mêmes pourquoi quelqu’un vient de leur manquer de respect. Elles peuvent encore dire « ce n’est pas grave » quand ce n’est vraiment pas grave, et commencer enfin à éviter de le dire quand ça l’est.

Ce retour-là n’est pas toujours élégant. Il y a des vieux réflexes. Des « pardon » qui sortent avant qu’on ait eu le temps de les retenir. Des messages envoyés puis relus pendant vingt minutes en se demandant si on n’a pas été « trop sèche ». Des non posés fermement, suivis trois heures plus t**d d’une petite réunion de crise intérieure pour savoir si on n’aurait pas pu dire oui quand même.

Le naturel revient, mais il retrouve la maison après des années d’absence. Il faut parfois lui rappeler où sont les interrupteurs.

Et petit à petit, quelque chose devient plus simple. Elles aiment ce qu’elles aiment. Elles refusent ce qu’elles refusent. Elles ne sont pas devenues moins bienveillantes ; elles ont simplement arrêté de considérer la bienveillance comme une obligation de rester agréable en toutes circonstances.

Alors non, ces femmes-là ne sont peut-être pas en train de « se chercher ». Elles ont suffisamment cherché, merci. Elles reviennent simplement vers quelque chose qu’elles connaissaient avant tous les ajustements, les « sois comme ci », les « ne sois pas trop ça », les sourires utiles et les « ça va » parfaitement exécutés.

Pas exactement celles qu’elles étaient autrefois, parce qu’entre-temps elles ont vécu, appris, changé aussi. Pas une version parfaite. Pas une version neuve.

Juste une version un peu moins corrigée.

Et si elle dépasse davantage du cadre aujourd’hui, ce n’est peut-être pas qu’elle est devenue trop. C’est peut-être simplement qu’elle a enfin arrêté de se faire plus petite pour rentrer dedans.

— Melle Pestouille 🌿✨

Petit ménage du soir dans la boutique 🧹Certaines créations sont là depuis un moment et j’ai besoin de faire un peu de pl...
06/09/2026

Petit ménage du soir dans la boutique 🧹

Certaines créations sont là depuis un moment et j’ai besoin de faire un peu de place pour la suite.

J’ai donc décidé de passer tous les anneaux de sorcière, lunes et boules à -30 %.

Ce sont des pièces déjà créées, disponibles immédiatement, et pour certaines il n’y en aura évidemment pas deux.

Voilà. J’ai sorti le balai. 😅
Maintenant, reste à voir si certaines avaient simplement besoin d’un petit coup de pouce pour trouver leur maison.

✨ La promotion est déjà active sur la boutique.

📖✨ Le Petit Grimoire Domestique de Melle PestouilleL’Oignon — oui, même lui a eu une carrière dans la magie 🧅✨Bon. Jeudi...
06/09/2026

📖✨ Le Petit Grimoire Domestique de Melle Pestouille

L’Oignon — oui, même lui a eu une carrière dans la magie 🧅✨

Bon. Jeudi, on a parlé école, inclusion, MDPH et enfants qui ne rentrent pas dans les cases. Aujourd’hui, j’ai décidé de confier la matinée à un oignon.

Chacun son niveau de responsabilité. 😅

Oui, l’oignon. Celui qui commence généralement sa journée en vous faisant pleurer au-dessus d’une planche à découper avant de finir revenu dans du beurre. Et pourtant, dans les croyances populaires, ce petit bulbe parfaitement ordinaire a aussi trimballé derrière lui tout un CV de protection, de purification et même de divination.

Comme quoi, il ne faut vraiment sous-estimer personne.

Dans certains folklores européens, on suspendait des oignons près des portes ou dans la maison pour éloigner la maladie et les influences indésirables. L’idée était simple : l’oignon faisait office de gardien du foyer. Pas très impressionnant visuellement, je vous l’accorde. On est loin du pentacle gravé dans la pierre avec lune dorée et fumée mystérieuse. Mais apparemment, une ficelle et trois oignons pouvaient déjà faire le travail.

Autre vieille croyance : laisser un oignon coupé dans une pièce pour qu’il “absorbe” ce qui était mauvais, notamment la maladie. On retrouve cette pratique dans différents folklores domestiques, notamment en Amérique rurale. Alors précision importante avant que l’oignon ne prenne la grosse tête : non, il n’aspire pas les virus dans votre salon et ne remplace évidemment aucun soin médical. 😅 Mais symboliquement, le geste peut très bien être repris aujourd’hui : une moitié dans une coupelle, quelques heures dans une pièce que vous avez envie d’alléger, avec l’intention que ce qui n’a rien à faire là ne s’installe pas. Puis on jette l’oignon. On ne le recycle pas dans la soupe. Il a eu une journée suffisamment chargée.

Et mon préféré, parce que visiblement nos ancêtres savaient aussi s’occuper les longues soirées d’hiver : l’oignon servait également à la divination amoureuse. Dans une ancienne coutume anglaise, on donnait à plusieurs oignons les noms de prétendants, puis on attendait de voir lequel germerait le premier. Celui-là était censé révéler le futur mari. Une autre tradition dite de « l’oignon de Saint-Thomas » consistait même à placer un oignon sous l’oreiller pour rêver de son futur amoureux.

Donc voilà.

Protection de la maison, absorption symbolique, divination sentimentale… et soupe.

Franchement, peu de légumes peuvent présenter un CV pareil.

Moi, j’étais déjà contente quand il réussissait à caraméliser correctement sans brûler. 😅

Comme souvent avec la magie populaire, rien de très spectaculaire : on prenait simplement ce qu’on avait sous la main, on lui associait un geste, une croyance, une intention… et l’habitude se transmettait.

Même quand ce qu’on avait sous la main était un oignon.

Et vous, c’est quoi votre truc avec l’oignon ? Une recette, un vieux remède, un rituel transmis par mamie… ou juste beaucoup de larmes au-dessus de la planche à découper ? 😅

— Melle Pestouille 🧅✨

Être spirituelle ne m’oblige pas à croire à toutOn peut tirer les cartes, croire aux signes… et garder son cerveau branc...
05/09/2026

Être spirituelle ne m’oblige pas à croire à tout

On peut tirer les cartes, croire aux signes… et garder son cerveau branché.

Il y a quelque chose qui me fascine avec la spiritualité sur les réseaux : plus on nous parle d’éveil, plus on nous demande parfois d’arrêter de réfléchir. Vous ouvrez votre téléphone tranquillement, avec l’intention très raisonnable de regarder deux ou trois vidéos avant le café, et dix minutes plus t**d vous apprenez que si cette publication est arrivée jusqu’à vous, ce n’est PAS un hasard, que l’Univers essaie de vous parler, que quelqu’un pense très fort à vous, qu’un portail énergétique vient de s’ouvrir et qu’un grand bouleversement financier pourrait arriver dans les 72 heures. Personnellement, à ce stade-là, mon premier signe de l’Univers serait surtout de poser mon téléphone. 😅

Et pourtant, je suis probablement assez mal placée pour faire la grande sceptique de service. Je crois aux signes, aux ressentis, je tire les cartes, je m’intéresse aux énergies, aux cycles, aux synchronicités et à tout un tas de choses qui feraient probablement lever un sourcil à quelqu’un de très cartésien. J’ai grandi avec une mère qui tirait les cartes dans le salon et des femmes qui venaient lui demander conseil. Aujourd’hui, je fabrique des sorcières. Bref, le dossier à charge est plutôt conséquent. 😂

Mais croire à certaines choses ne signifie pas que je suis obligée de croire à absolument tout ce qu’on emballe dans une lune dorée avec trois étoiles autour. Et j’ai parfois l’impression qu’on mélange de plus en plus spiritualité et crédulité.

Parce que si vous tombez trois fois sur le nombre 11:11, vous avez parfaitement le droit d’y voir un signe si cela vous parle. Mais si vous regardez votre téléphone toutes les six minutes depuis le réveil, il reste également une petite possibilité statistique que vous finissiez par tomber dessus. 😅 Si vous tirez une carte qui vient mettre des mots exactement là où vous en aviez besoin, vous pouvez accueillir ce qu’elle vous raconte. Mais si cinq vidéos TikTok vous annoncent dans la même journée que « votre personne spécifique va revenir vers vous », ça ne veut pas forcément dire que votre ex est actuellement au rond-point avec un bouquet de fleurs. Parfois, votre ex est juste chez lui. Et franchement, c’est peut-être très bien comme ça.

La même chose vaut pour les fameux signes. Une plume trouvée sur votre chemin peut prendre un sens particulier parce qu’elle arrive à un moment précis de votre vie. Une chanson peut vous bouleverser parce que ses paroles tombent exactement là où ça fait quelque chose. Une série de coïncidences peut vous interpeller. Mais si nous transformons absolument tout en message codé, la vie devient quand même sacrément compliquée.

Le feu passe au rouge : l’Univers veut que je ralentisse. Je renverse mon café : l’Univers veut que je lâche prise. Le paiement de ma carte bancaire est refusé : l’Univers me demande de travailler mon rapport à l’abondance. Ou alors mon compte est vide. Parfois, l’explication terrestre mérite quand même qu’on lui accorde deux minutes. 😅

Et ça ne retire rien à la spiritualité. C’est justement là que je trouve le discernement intéressant : laisser une place à l’invisible sans obliger le visible à disparaître. Je peux me demander si une situation possède une dimension symbolique tout en regardant les faits. Je peux tirer les cartes tout en gardant en tête qu’elles donnent une lecture, pas un ordre administratif gravé dans le marbre. Je peux penser qu’un événement arrive peut-être pour m’amener quelque part et trouver quand même cet événement parfaitement merdique.

Parce qu’il y a aussi cette drôle d’habitude, dans certains discours spirituels, de vouloir immédiatement trouver une raison supérieure à tout. Une rupture ? L’Univers enlève ce qui ne vibre plus avec vous. Une grosse galère ? Votre âme avait forcément quelque chose à apprendre. Vous perdez votre boulot ? Une porte plus alignée va nécessairement s’ouvrir.

Et parfois, soyons honnêtes, vous avez juste perdu votre boulot.

Je crois personnellement que certaines expériences peuvent avoir un sens qui nous dépasse, qu’elles peuvent nous amener quelque part ou faire partie de choses que nous ne comprenons pas immédiatement. Mais croire cela ne signifie pas que je sais pourquoi telle épreuve arrive à telle personne, ni que j’ai à lui coller une explication spirituelle dessus pendant qu’elle est encore en train de la vivre.

Peut-être qu’un sens apparaîtra plus t**d. Peut-être que vous transformerez cette période en autre chose. Peut-être même qu’avec le recul vous serez heureuse que cela soit arrivé. Mais on n’est pas obligé d’appeler immédiatement ça « un cadeau de l’Univers » pendant qu’on est encore assise au milieu des morceaux. Il a parfois un sens de l’emballage assez particulier, l’Univers. 😅

C’est aussi pour cela que je me méfie de ceux qui semblent avoir une réponse spirituelle certaine pour absolument tout. Votre fatigue vient de vos vibrations. Votre célibat vient d’un blocage énergétique. Vos problèmes financiers viennent de votre rapport à l’abondance. Votre conflit familial s’explique forcément par votre karma ou votre lignée. Et votre chat a éternué à 14 h 37 ? Je suis sûre qu’en cherchant suffisamment longtemps, quelqu’un quelque part pourra vous expliquer précisément ce que cela signifie. À un moment, on peut aussi laisser le chat éternuer tranquille. 😂

La spiritualité, à mes yeux, devrait ouvrir des possibilités de lecture, pas remplacer systématiquement le réel par une explication invisible. Et surtout, elle ne devrait jamais nous enlever notre capacité à dire : « Je ne sais pas. » Je trouve même cette phrase beaucoup plus saine que certaines certitudes.

Je ne sais pas si cette coïncidence était réellement un signe. Je ne sais pas si ce tirage parle d’un événement futur ou simplement de quelque chose que je suis déjà en train de vivre. Je ne sais pas pourquoi telle chose m’est arrivée. Je peux avoir une intuition, une croyance, une lecture symbolique. Mais cela reste différent d’une preuve.

Et finalement, c’est peut-être là que se situe ma façon de vivre la spiritualité : je préfère une croyance qui accepte le doute à une certitude qui interdit les questions.

Parce qu’on peut croire à la magie sans croire à tous les magiciens. On peut consulter les cartes sans remettre sa vie entière entre leurs mains. On peut ressentir les choses sans transformer chaque frisson en message de ses guides. On peut regarder la lune, faire un rituel, porter une pierre, parler à l’Univers… puis ouvrir Google, vérifier une information et appeler son médecin, son garagiste ou son banquier quand le problème relève clairement de leur rayon. 😅

Les deux mondes ne sont pas ennemis. Le discernement ne tue pas la magie. Au contraire, il évite surtout de la transformer en grand fourre-tout où absolument tout devient signe, message, vibration, karma ou intervention cosmique.

Alors oui, continuez à croire à ce qui vous parle. Gardez vos cartes, vos synchronicités, vos ressentis, vos lunes, vos rituels et vos petites bizarreries spirituelles. Moi, je garde les miennes. Mais gardez aussi votre esprit critique quelque part à portée de main.

Parce qu’être spirituelle ne signifie pas laisser son cerveau au vestiaire en entrant.

Et si l’Univers a vraiment quelque chose d’important à nous dire… j’ose espérer qu’il survivra à deux ou trois questions. 😅

— Melle Pestouille

La rentrée des enfants qui ne rentrent pas dans les casesEt des parents qui recommencent à expliquerPendant des années, ...
03/09/2026

La rentrée des enfants qui ne rentrent pas dans les cases

Et des parents qui recommencent à expliquer

Pendant des années, chez moi, la rentrée n’a jamais vraiment été une histoire de cartable neuf, de trousses assorties et de savoir si j’avais bien acheté le cahier 24 × 32 demandé sur la liste.

Enfin si. Il fallait aussi penser à ça.

Mais quand votre enfant ne fonctionne pas tout à fait comme l’école l’avait prévu, disons que le choix de la couleur du classeur passe assez rapidement au second plan.

Mon fils a été scolarisé en ULIS, cette année il rentre en CAP, alors les rentrées, je les ai longtemps abordées avec une petite liste mentale légèrement différente : est-ce que cette année les adaptations seront réellement mises en place ? Est-ce qu’on va comprendre comment il fonctionne ? Est-ce qu’on va encore prendre une difficulté pour de la mauvaise volonté ? Est-ce que les informations vont bien circuler entre les adultes ? Et surtout : combien de fois vais-je devoir recommencer à expliquer des choses déjà écrites dans approximativement 427 pages de bilans et de dossiers ? 😅

Parce qu’un enfant différent n’arrive jamais vraiment à l’école avec seulement son cartable.

Il arrive avec son histoire, ses difficultés, ses façons d’apprendre, parfois ses rendez-vous, ses aménagements, ce qu’il supporte et ce qu’il ne supporte pas. Et avec, quelque part derrière lui, un parent devenu relativement expert dans le mail qui commence par : « Bonjour, je me permets de revenir vers vous… »

Les habitués savent. 😂

Et encore, ça, c’est seulement la partie école.

Parce que la rentrée d’un enfant en situation de handicap, c’est parfois aussi ressortir les dossiers MDPH, vérifier les notifications, transmettre les documents, contacter le Conseil départemental pour le transport adapté, expliquer une adresse, un horaire ou une organisation particulière, renvoyer un mail parce que l’information n’est manifestement pas arrivée jusqu’à la bonne personne, puis recommencer à expliquer quelque chose que vous aviez déjà expliqué trois fois.

Finalement, quand votre enfant ne rentre pas dans les cases, vous découvrez assez vite que votre rôle de parent consiste paradoxalement à passer une bonne partie de votre vie à en remplir. 😅

Des cases sur les formulaires, évidemment.

Et parfois, ce qui paraît être un détail administratif vu de l’extérieur décide pourtant de choses très concrètes : comment votre enfant va aller à l’école, où il sera pris en charge, à quelle heure, avec quelle organisation… Bref, pendant que certains vérifient s’ils ont bien acheté les quatre bâtons de colle demandés sur la liste, d’autres commencent septembre en essayant simplement de faire correspondre tous les morceaux du puzzle.

Évidemment, l’école ne peut pas devenir du sur-mesure intégral pour trente enfants à la fois. Les enseignants ne sont pas des poulpes à seize bras, les AESH ne se multiplient malheureusement pas par magie et beaucoup font ce qu’ils peuvent avec des moyens qui, eux, ont parfois décidé de sécher la rentrée.

Mais il y a quand même une chose qui m’a toujours interrogée : on parle énormément d’inclusion, tout en continuant parfois à mesurer la réussite d’un enfant à sa capacité à fonctionner suffisamment comme les autres.

Rester assis comme les autres. Écrire comme les autres. Comprendre la consigne au même rythme. Supporter le bruit. Organiser son travail comme prévu. Répondre au bon moment, de la bonne manière, dans le temps imparti.

Et quand il n’y arrive pas, il faut souvent commencer par prouver qu’il ne le fait pas exprès.

C’est là que les « adaptations » deviennent parfois étrangement suspectes.

Pourquoi lui a plus de temps ? Pourquoi elle peut sortir quelques minutes ? Pourquoi il a moins d’exercices ? Pourquoi elle utilise cet outil-là ?

Parce qu’une adaptation n’est pas un privilège.

On ne regarde pas une personne en fauteuil devant une rampe en disant : « Oui, mais moi aussi j’aimerais éviter les escaliers. » Pourtant, dès que la difficulté ne se voit pas immédiatement, on a parfois beaucoup plus de mal à comprendre que donner à chacun ce dont il a besoin ne signifie pas donner la même chose à tout le monde.

Et c’est peut-être là que notre grande passion pour « la différence » devient un peu moins confortable.

Dans la spiritualité, on adore dire que chaque être est unique, que chacun possède son rythme, son chemin, sa sensibilité. On trouve même très beau qu’une plante pousse de travers dans le jardin parce qu’elle est « sauvage » et « libre ».

Avec un enfant qui pousse de travers dans une classe, bizarrement, notre amour de la singularité peut devenir beaucoup moins poétique. 😏

Pourtant, certains enfants n’ont pas besoin qu’on leur apprenne à rentrer encore mieux dans les cases. Ils ont surtout besoin qu’on accepte qu’ils ne pourront peut-être jamais y rentrer exactement comme prévu.

Ça ne veut pas dire ne rien leur demander ou considérer qu’ils ne sont capables de rien. Bien au contraire. Ça veut simplement dire leur permettre d’apprendre avec ce qu’ils sont réellement, et pas avec l’enfant qu’on aurait trouvé plus pratique qu’ils soient.

Alors, en cette semaine de rentrée, je pense évidemment aux enfants qui ont repris le chemin de l’école avec impatience, à ceux qui traînaient déjà des pieds mardi matin, à ceux qui ont fait semblant que tout allait bien. Mais je pense aussi à tous ceux pour qui franchir la porte d’une école demande déjà beaucoup plus d’énergie qu’on ne l’imagine.

Et à leurs parents, qui ont peut-être déjà recommencé à remplir les papiers, envoyer les mails, relancer les services et espérer que, cette année, leur enfant ne devra pas passer neuf mois à prouver qu’il mérite lui aussi sa place.

Finalement, l’inclusion ne devrait peut-être pas consister à apprendre aux enfants différents à devenir suffisamment semblables aux autres.

Elle commence peut-être simplement le jour où l’on arrête de leur demander de faire tout l’effort pour rentrer dans nos cases.

Et où, pour une fois, on accepte d’agrandir un peu les cases.

— Melle Pestouille

🔮 Un message pour toi…On remet ça avec six nouvelles cartes. Mais cette fois, on va fouiller directement dans les affair...
02/09/2026

🔮 Un message pour toi…

On remet ça avec six nouvelles cartes. Mais cette fois, on va fouiller directement dans les affaires de la sorcière. 😏

Un balai, un chaudron, quelques herbes, un mortier, un grimoire et une fiole… Pas pour vous annoncer qu’une arrière-grand-tante guérisseuse veille sur votre destinée depuis le fond d’une forêt brumeuse. Chacun de ces objets porte simplement une symbolique différente et peut venir éclairer quelque chose que vous traversez en ce moment.

Comme toujours, pas de grande prédiction ni de réponse toute faite. Ce sont des lectures symboliques, ancrées dans le quotidien, qui proposent surtout une autre manière de regarder une situation, un blocage, une envie ou quelque chose qui prend peut-être un peu trop de place.

Choisis une seule carte, de 1 à 6, celle qui t’attire en premier, sans essayer de deviner sa signification.

⚠️ La carte 0 est uniquement la carte de présentation : elle n’a aucune signification. 😅

Et note bien ton choix avant d’aller lire les guidances dans les commentaires… l’intuition possède toujours cette étonnante capacité à devenir beaucoup plus flexible une fois qu’elle connaît les réponses.

Tu peux simplement me laisser le numéro ou le nom de ta carte.

Et si tu as envie que j’aille un peu plus loin, ajoute quelques mots sur ce que tu traverses en ce moment. Je prendrai quelques commentaires au fil de la journée pour voir ce que votre choix m’évoque plus personnellement et explorer un peu mon ressenti avec vous.

Les six guidances sont juste en dessous. 🔮

🗞️🍂 LA GAZETTE PESTOUILLÉE DU 1ER SEPTEMBREÉdition spéciale : le mois où l’automne ressort ses bottines pendant que l’ét...
01/09/2026

🗞️🍂 LA GAZETTE PESTOUILLÉE DU 1ER SEPTEMBRE

Édition spéciale : le mois où l’automne ressort ses bottines pendant que l’été refuse toujours de rendre les clés

Ce 1er septembre, la rédaction de Melle Pestouille vous annonce officiellement l’ouverture du mois qui entre dans votre maison avec un agenda neuf sous le bras et l’air de quelqu’un venu reprendre la situation en main.

Septembre ne demande pas si vous êtes prête. Il ouvre les volets, regarde les trois mois précédents, constate que la moitié des choses prévues « pour cet été » n’ont absolument pas été faites et prononce cette phrase d’une violence rare : « Bon. Maintenant, on s’organise. »

Immédiatement, toute la population se découvre une passion pour les calendriers, les listes, les classeurs, les menus de la semaine et les grands départs symboliques. Cette année, vous allez anticiper. Cette année, vous n’attendrez pas la dernière minute. Chaque papier aura une place, chaque rendez-vous sera noté immédiatement et vous saurez en permanence ce qu’il reste dans le congélateur.

C’est magnifique.

Puis vers le 12 septembre, vous retrouverez probablement un courrier important sous une publicité, deux tomates et un élastique à cheveux, mais pendant quelques jours, laissez septembre croire en vous. Il est très enthousiaste.

D’autant que cette année, le mois commence directement un mardi de rentrée scolaire, ce qui ne lui laisse même pas vingt-quatre heures pour faire semblant d’être tranquille. Les réveils sonnent, les sacs repartent, les chaussures neuves découvrent leur première flaque et les groupes de parents reprennent du service avec des messages envoyés à 6 h 52.

Moi, à 5 h 30, j’envoyais déjà un mail à la MDPH pour râler. Ohhh, ça faisait longtemps.

Quelque part en France, une personne cherche déjà un document qu’elle était absolument certaine d’avoir posé « là, justement pour ne pas le perdre ».

Septembre est officiellement ouvert.

L’été, lui, n’a visiblement pas reçu l’information et se promène encore dehors en tongs.

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🚨 FLASH INFO

Le service « On verra ça à la rentrée » annonce avoir rouvert ses bureaux

Après plusieurs semaines d’activité réduite, réponses automatiques et horaires relevant davantage de la divination que de l’information pratique, le célèbre service national « On verra ça à la rentrée » est officiellement de retour.

La rédaction rappelle qu’un nombre considérable de problèmes lui ont été confiés pendant l’été : le rendez-vous à prendre, le devis à demander, le papier à envoyer, la personne à rappeler, l’inscription à faire et ce fameux truc administratif dont personne ne connaissait vraiment le nom mais qui pouvait parfaitement attendre puisque, de toute façon, « au mois d’août, personne ne travaille ».

Nous sommes désolés de vous l’apprendre : nous sommes désormais en septembre.

Tous ces problèmes savent où vous habitez.

Les administrations sont revenues, les cabinets ont rouvert, les boîtes mail recommencent à produire de vrais êtres humains et les agendas disposent à nouveau de créneaux. Ce qui était relativement rassurant lorsqu’absolument personne ne répondait devient soudain beaucoup moins confortable.

La rédaction recommande donc une stratégie progressive. Commencez par le dossier réellement urgent, puis le deuxième, et surtout ne commettez pas l’erreur classique consistant à vouloir « profiter de la rentrée pour tout remettre à plat ».

Vous pourriez ouvrir un tiroir.

Le tiroir pourrait contenir des papiers.

Les papiers pourraient dater de 2021.

Nous avons perdu des gens comme ça.

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🌡️ MÉTÉO OFFICIELLE DU MOIS

Matin d’octobre, après-midi de juillet et garde-robe victime collatérale

Septembre ouvre officiellement cette période de l’année où s’habiller le matin devient un exercice de prospective météorologique.

À 7 heures, vous sortirez en gilet en murmurant : « Ah oui quand même, ça sent l’automne. » À 11 heures, le gilet sera ouvert. À 14 heures, il sera roulé sous votre bras avec l’expression d’une personne personnellement trahie par le climat. À 17 heures, vous envisagerez sérieusement de remettre le ventilateur et, à 21 heures, vous chercherez le fameux gilet que personne ne saura retrouver.

C’est ainsi que commence la migration textile de septembre. Une veste apparaît sur le dossier d’une chaise, un plaid revient sur le canapé, une paire de chaussettes ressort « juste pour le soir » tandis qu’un débardeur reste encore en circulation parce que 27 degrés sont annoncés jeudi.

À partir de maintenant, aucune tenue ne survivra une journée complète. Septembre ne permet pas vraiment de s’habiller : il oblige surtout à transporter plusieurs options.

Les fenêtres connaîtront elles aussi une période difficile. Ouvertes parce qu’il fait chaud, fermées parce qu’il fait frais, rouvertes parce que finalement non, puis refermées parce qu’un moustique de septembre, vétéran de plusieurs campagnes militaires, vient d’entrer avec la détermination d’un insecte qui sait parfaitement que sa carrière touche à sa fin.

Et puis il y aura la pluie. Pas forcément cette jolie pluie d’automne douce qui nourrit la terre pendant que vous buvez quelque chose de chaud devant une fenêtre légèrement embuée. Non. Septembre sait également produire une pluie qui tombe précisément pendant les huit minutes nécessaires pour sortir de la voiture, récupérer les courses et rentrer chez vous.

Elle cessera ensuite.

Le ciel redeviendra bleu.

Vous serez trempée.

C’est important pour l’ambiance.

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📌 LES DATES CLÉS DU MOIS

Ou comment septembre fait rentrer les enfants, l’automne, la Lune et vos obligations dans exactement trente jours

1er septembre — Rentrée scolaire et grand retour du « cette année, on s’organise »

Nous y sommes. Les enfants reprennent le chemin de l’école, les familles ressortent les horaires et toute personne possédant un agenda ressent pendant quelques heures l’étrange conviction qu’une nouvelle ère commence.

Le phénomène est particulièrement visible devant les fournitures scolaires. Un cahier neuf possède un pouvoir psychologique considérable. Il vous regarde avec ses pages immaculées et semble murmurer : « Avec moi, tu pourrais devenir quelqu’un de structuré. »

Vous y croyez. Vous choisissez éventuellement un joli stylo, écrivez proprement les premières informations et utilisez même plusieurs couleurs. Vers le 16 septembre, une liste de courses sera griffonnée entre deux rendez-vous, une flèche traversera la moitié de la page et quelqu’un aura posé sa tasse exactement sur le mois d’octobre.

L’ordre naturel aura été restauré.

Pour les parents commence également la saison du document mystérieux. Il faudra signer quelque chose, fournir une photo, retrouver une attestation, cocher une case dont la formulation nécessite trois lectures et rapporter le tout « rapidement ».

Une personne demandera dans le groupe : « Vous savez ce qu’il faut mettre à la ligne 7 ? »

Personne ne saura.

Dix-neuf personnes répondront malgré tout.

Bonne rentrée à tous.

4 septembre — Dernier Quartier de Lune

Le Dernier Quartier arrive suffisamment tôt dans le mois pour permettre un premier bilan, ce qui semble légèrement prématuré puisque nous venons à peine de commencer. Mais puisque cette phase lunaire accompagne traditionnellement les idées de tri, de fin et de délestage, septembre propose de commencer par une opération simple : reprendre la fameuse liste « choses à faire cet été ».

Regardez-la calmement.

Certaines choses ont été faites. D’autres n’avaient manifestement aucune chance : repeindre le meuble, trier toutes les photos, réorganiser entièrement la cuisine ou faire ce petit bricolage rapide nécessitant finalement une perceuse, quatre chevilles particulières et un homme qui s’appelle Didier.

Tout ceci peut désormais rejoindre une nouvelle catégorie particulièrement élégante :

« Avant Noël. »

Vous remarquerez que cette catégorie dispose d’une capacité de stockage presque infinie.

Utilisez-la avec discernement.

11 septembre — Nouvelle Lune

Onze jours après les grandes déclarations de rentrée, voici déjà la Nouvelle Lune. Autrement dit, septembre vous offre une deuxième occasion de recommencer parce qu’il avait probablement prévu que la première ne tiendrait pas.

À ce stade, les emplois du temps commencent à ressembler à quelque chose, les horaires sont à peu près compris et vous avez cessé de penser que vous pouviez absolument tout caser dans une seule journée simplement parce que vous aviez acheté un agenda.

La Nouvelle Lune accompagne les commencements. Très bien. Mais inutile d’en profiter pour annoncer simultanément une nouvelle routine matinale, une alimentation entièrement repensée, quatre projets professionnels, une reprise sportive, une organisation domestique révolutionnaire et votre renaissance spirituelle complète.

Vous avez déjà du linge.

Commencez peut-être par là.

Une intention parfaitement respectable pourrait être : « Je vais arrêter de poser les courriers importants à un endroit tellement sûr que même moi je ne les retrouve plus. »

La spiritualité gagne beaucoup à rester applicable.

18 septembre — Premier Quartier de Lune

Le Premier Quartier arrive au moment précis où la rentrée cesse officiellement d’être nouvelle. Vous connaissez maintenant les horaires, vous avez identifié les journées compliquées et les bonnes résolutions du début du mois commencent à révéler leur véritable espérance de vie.

L’organisation merveilleuse dessinée le 1er septembre avec ses petites cases de couleur découvre notamment un élément qu’elle n’avait pas suffisamment pris en compte : les êtres humains.

Quelqu’un sera en ret**d. Un rendez-vous changera. Un imprévu se glissera entre 14 h et 15 h alors qu’il n’existait absolument aucune case prévue pour lui. Vous comprendrez une nouvelle fois qu’un planning parfaitement organisé fonctionne admirablement tant que rien ne se produit.

Le Premier Quartier étant associé à l’action, vous pourrez néanmoins profiter de cet élan pour avancer sur quelque chose.

Une chose.

Pas dix-sept.

La rédaction insiste sur ce chiffre depuis plusieurs années sans obtenir de résultats satisfaisants.

23 septembre — Équinoxe d’automne et Mabon

Cette fois, c’est officiel : l’automne entre.

L’équinoxe de septembre marque le début astronomique de l’automne dans l’hémisphère Nord. Dans la roue de l’année païenne contemporaine, cette période est également associée à Mabon, autour de l’équilibre, des récoltes, de ce qui a mûri et de ce que l’on engrange avant les mois plus sombres.

Dans les maisons, le phénomène se traduit de façon beaucoup plus concrète. Les pommes apparaissent, les courges prennent du volume, les noix commencent à tomber et les dernières tomates continuent de produire avec l’obstination de personnes qui n’ont pas lu le calendrier.

Et pendant ce temps-là, les sorcières qui ont passé trois mois à regarder des fleurs estivales avec beaucoup de dignité peuvent enfin ressortir leurs feuilles mortes, leurs bougies, leurs champignons, leurs chaudrons et toutes les nuances de rouille qu’elles conservaient depuis mars.

Nous avons attendu notre heure.

Elle est venue.

Les magasins, évidemment, prétendront immédiatement avoir inventé l’automne. Soudain, tout sera terracotta. On vous vendra des bougies « forêt enchantée », des mugs couverts de champignons et des citrouilles décoratives à un prix suffisamment élevé pour que vous envisagiez de cultiver votre propre potiron uniquement par vengeance.

Mais Mabon n’a pas besoin d’un salon transformé en catalogue. Une pomme, un morceau de pain, quelques noix, une bougie, ce que la saison a réellement donné… et éventuellement les trois courgettes que vous essayez de refiler à quelqu’un depuis août.

Chaque récolte possède ses zones d’ombre.

26 septembre — Pleine Lune des Moissons

La Pleine Lune du 26 septembre sera cette année la Lune des Moissons, c’est-à-dire la Pleine Lune la plus proche de l’équinoxe d’automne.

Son nom possède une origine très concrète. Autour de cette période, dans l’hémisphère Nord, la Lune se lève plusieurs soirs de suite relativement peu de temps après le coucher du Soleil, ce qui permettait autrefois de prolonger les travaux de récolte après la tombée du jour.

Aujourd’hui, elle vous permettra surtout de constater à 20 h 30 que vous avez oublié quelque chose dehors.

Mais respectons l’Histoire.

Cette Pleine Lune arrive en plein basculement de saison, au moment où les journées raccourcissent suffisamment pour que tout le monde recommence à prononcer cette phrase annuelle :

« Mais il fait déjà nuit ? »

Oui.

Tous les ans.

Cela ne nous empêche absolument jamais d’être surpris.

La lumière change, les soirées se rapprochent doucement de la maison et le grand rituel collectif consistant à fermer les volets de plus en plus tôt reprend progressivement. C’est également le moment où l’on commence à regarder les plaids avec affection.

Pas encore le chauffage.

Attention.

Le chauffage appartient à une autre négociation.

30 septembre — Ouverture officieuse de la guerre du chauffage

Vu le prix, la rédaction déconseille néanmoins toute escalade prématurée.

Aucune institution ne reconnaît officiellement cette date. Pourtant, dans de nombreux foyers français, la question commencera bientôt à circuler.

« Tu trouves pas qu’il fait frais ? »

Phrase à manier avec prudence. Elle ne signifie pas nécessairement qu’il fait frais. Elle peut constituer une tentative d’ouverture diplomatique concernant le chauffage.

Une deuxième personne répondra : « Mais non, ça va encore. » Cette personne portera un pull, des chaussettes et sera éventuellement sous un plaid, mais le chauffage ne sera pas allumé.

Parce que nous sommes encore en septembre.

Et qu’il existe dans ce pays une conviction profondément ancrée selon laquelle allumer le chauffage avant octobre constitue une faiblesse morale.

Le thermomètre affichera 17,8 °C.

Quelqu’un dira :

« Franchement, on est bien. »

Il ne sentira plus ses pieds.

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🧙‍♀️ ALERTE SORCIÈRE

La saison où le monde entier se découvre soudain une passion pour notre décoration

Pendant onze mois, vous possédez des champignons, des chaudrons, des branches, des bougies, des fioles, des lunes et éventuellement plusieurs petites sorcières dans votre salon. Les gens trouvent ça « original ».

Puis septembre arrive et, brusquement, les magasins installent exactement la même chose partout en affirmant :

TENDANCE AUTOMNE.

Pardon ?

Nous étions là avant le rayon saisonnier.

La sorcière observe donc avec une certaine émotion le retour annuel des petites citrouilles, des feuilles cuivrées, des baies rouges, des glands, des lunes dorées et des champignons en velours.

L’artisane, elle, commence déjà à regarder des morceaux de bois en pensant : « Celui-là ferait quelque chose. »

C’est un symptôme connu.

À partir de septembre, une branche n’est plus vraiment une branche. C’est potentiellement un décor. Une mousse devient un sol de forêt. Une capsule peut devenir un chaudron. Un vieux morceau de dentelle peut finir en cape. Et quelques jours plus t**d, votre table de travail ressemble au lieu de résidence permanent d’une sorcière ayant entrepris une rénovation complète sans déposer de permis.

La rédaction n’y voit aucun problème particulier.

Enfin.

Pas tant qu’il reste suffisamment de place pour poser le café.

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🧺 CONSEILS DE SURVIE PAR AGATHE PIMPRENELLE

Experte diplômée en organisation théorique, option « j’avais fait une liste »

Premier conseil : ne prenez jamais une poussée de motivation de septembre pour un changement définitif de personnalité.

Le fait d’avoir acheté trois boîtes de rangement ne signifie pas que vous aimez désormais ranger. Cela signifie que vous possédez trois boîtes de rangement.

Nuance.

Si vous commencez à étiqueter les placards, profitez du moment. Mais ne prenez aucun abonnement annuel à une méthode d’organisation avant d’avoir observé votre comportement réel pendant au moins quinze jours.

Agathe a perdu quatre-vingt-neuf euros comme ça en 2022.

Elle n’en parle toujours pas.

Deuxième conseil : méfiez-vous des phrases commençant par « maintenant que c’est la rentrée ».

« Maintenant que c’est la rentrée, je vais reprendre le sport. »

« Maintenant que c’est la rentrée, je vais cuisiner tous les soirs. »

« Maintenant que c’est la rentrée, je vais enfin trier le garage. »

Septembre possède déjà suffisamment de responsabilités. Ne lui attribuez pas la reconstruction complète de votre existence.

Commencez éventuellement par retrouver le chargeur que vous cherchez depuis trois jours.

Ce sera un excellent début.

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🧨 MOT DE LA FIN

Septembre possède un talent vraiment particulier : il réussit chaque année à nous faire croire que nous venons de recevoir un cahier neuf pour notre vie entière. Nouvelle rentrée, nouvelle saison, nouveaux horaires, nouvelles habitudes… Pendant quelques jours, tout semble pouvoir repartir proprement.

Puis une tasse laisse une trace sur le calendrier, un rendez-vous est déplacé, il fait 28 degrés alors que vous aviez ressorti les bottines, une araignée décide d’emménager dans la salle de bains sans participer au loyer et les premières feuilles tombent sur la terrasse que vous aviez précisément balayée la veille.

Voilà septembre.

Pas vraiment l’été, pas encore complètement l’automne. Le mois qui exige un gilet le matin, des lunettes de soleil l’après-midi et éventuellement une couverture le soir. Le mois où les sorcières retrouvent leurs couleurs, où les récoltes entrent dans la maison, où les pommes remplacent doucement les pêches et où les premières soirées plus fraîches donnent soudain envie de bougies, de soupe et de trucs qui mijotent.

Alors non, vous n’êtes pas obligée d’avoir remis toute votre existence en ordre avant le 30.

Septembre lui-même n’est pas foutu de choisir une température.

Gardez donc le plaid à proximité du ventilateur, laissez les sandales encore quelques jours près des bottines, rangez ce qui peut l’être et récoltez ce qui est mûr.

Et si un problème abandonné au mois d’août revient frapper à votre porte en déclarant :

« Tu avais dit qu’on verrait ça à la rentrée »,

regardez-le droit dans les yeux.

Nous sommes certes en septembre.

Mais personne n’a précisé quelle rentrée.

— Melle Pestouille 🍂🌿✨

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