10/07/2026
Je prenais juste de tes nouvelles
Le téléphone sonna plusieurs fois avant que le répondeur ne se déclenche. Elle prit une voix calme, presque légère.
— Coucou, c’est moi. J’appelais juste pour prendre de tes nouvelles… Rappelle-moi quand tu peux. Bisous.
Puis elle raccrocha.
Elle n’avait pas dit qu’elle se sentait seule. Elle n’avait pas dit qu’elle avait besoin d’entendre une voix. Elle espérait simplement que quelqu’un lui demande :
Et toi, comment vas-tu vraiment ?
Mais personne ne rappela.
Alors elle essaya encore, puis se fatigua d’entendre les sonneries dans le vide. Elle commença à écrire.
« Coucou, ça va ? »
Pas de réponse.
« Je pensais à toi. »
Toujours rien.
Au début, elle trouva des excuses aux autres. Ils travaillaient. Ils étaient occupés. Ils avaient leur vie.
Puis les questions changèrent.
Et si le problème venait de moi ?
Peut-être qu’elle dérangeait. Peut-être qu’elle n’était pas intéressante. Peut-être qu’on en avait assez d’elle.
Et peu à peu, elle commença à tout remettre en question. Si on la rejetait, elle l’avait peut-être cherché. Si on lui faisait du mal, elle le méritait peut-être. Si personne ne l’écoutait, c’était sûrement parce que ce qu’elle ressentait n’avait pas d’importance.
Un jour, elle ouvrit une conversation et écrivit :
« Coucou, comment tu… »
Puis elle regarda les anciens messages restés sans réponse et effaça les quelques mots.
Elle n’essaya plus.
Quelque temps plus t**d, quelqu’un lui demanda :
— Pourquoi tu ne m’as pas appelée ?
Elle baissa les yeux.
— Je l’ai fait. J’ai appelé, puis j’ai écrit. Mais quand je demandais de tes nouvelles… j’espérais surtout que tu me demandes des miennes.
La personne resta silencieuse. Elle repensa à ces appels manqués, à ces messages si simples qu’elle avait lus sans imaginer tout ce qu’ils cachaient.
Comment aurait-elle pu savoir ?
Peut-être qu’elle ne pouvait pas.
Parce que certaines personnes ne savent pas dire :
J’ai besoin de toi.
Alors elles disent simplement :
Comment vas-tu ?
Elles ne savent pas dire :
Je me sens seule.
Alors elles écrivent :
Je pensais à toi.
Tous les messages ordinaires ne cachent pas un appel à l’aide. Mais parfois, derrière quelques mots simples, une personne cherche discrètement à garder un lien avec le monde.
Alors peut-être que, de temps en temps, nous devrions prendre quelques minutes pour répondre. Et parfois même, ne pas attendre que le téléphone sonne pour demander :
Et toi… comment vas-tu vraiment ? ❤️