11/10/2026
Mars 2019.
C'est là que tu es allée le rejoindre. Lui qui t'attendait sans doute là-haut. J'ai toujours imaginé qu'il t'attendait sur le port de Tunis.
Rose-Marie, J'ai l'impression qu'à la fin de cette récidive de ton cancer du sein, tu n'avais plus envie. Plus envie de chanter Dalida, plus envie de cuisiner, plus envie de rien. Et moi, je n'ai plus envie de me rappeler nos au revoir, mémé. Ne m'en veux pas…
Oh, tu sais, la vie a bien changé depuis. Ta maison, celle qui abritait ce magnifique théâtre italien, est devenue un salon de tatouage. Ne leur en veux pas. Papa ne voulait pas imaginer une autre famille heureuse là où ça embaumait le couscous tunisien.
Lui, ça va. Il a eu du mal. Beaucoup de mal, mamie. Mais à ce jour, il va bien. Tu verrais comme il est doux. Celui qui était le mouton noir de tes deux fils est devenu un chamallow. Je te jure !
Ça va bientôt faire sept ans que cette fichue maladie t'a emportée. Doucement, la fratrie se resserre les coudes. Et papa a de nouveau les yeux qui pétillent.
Tu as loupé plein de trucs, mémé. Des naissances, plein de naissances ! La génération 90 de tes petits-enfants a fait des enfants. Sauf ma sœur et moi. Je sais, ton fils, ça le rend dingue. Mais c'est comme ça…
Mamie, c'est fou comme je te ressemble de plus en plus. Julie le dit souvent à papa quand elle me voit en photo. J'écoute moins Come prima, mais Dalida, toujours autant.
Tu vois, il reste beaucoup de toi ici. Dans nos visages, nos caractères, les chansons qu'on écoute, les recettes qu'on n'oublie pas. Et dans cette drôle de façon qu'a la vie de continuer, même après les plus grandes absences.
En ce mois d'Octobre Rose, j'avais envie de parler de toi. Pas seulement de cette maladie qui t'a emportée. Mais de la femme que tu étais avant elle.
Parce qu'avant d'être malade, tu étais Rose-Marie. Une femme qui chantait Dalida, cuisinait le couscous et qui a laissé derrière elle bien plus de vie que la maladie n'a pu en emporter.
Je t'embrasse, Rose-Marie.
Sango del amore 🌹