29/05/2026
Au revoir ma belle, ma fifille, mon Titi…
Nous sommes humains avant tout, et ce 21 mai 2026, j’ai perdu ma complice depuis 18 ans, une extension de moi-même. Je n’ai pas pu toucher mes machines pendant quelques jours, trop dangereux avec la tête ailleurs ; c’est plus du tiers de ma vie qui s’est éteint avec toi.
La première fois que je t’ai vue, tu n’avais que quelques jours, mais je t’ai choisie, toi et toi seule. Tu n’avais qu’un mois lorsque notre aventure a commencé : une petite boule d’énergie animée par une incroyable rage de vivre.
En grandissant, nous nous sommes très vite rendu compte de ton insociabilité, au point qu’on me suggéra de t’abandonner pour prendre un autre chat. Mais cela, il en était hors de question.
Tu terrorisais tout le monde. Tu attaquais pour peu de choses, toujours avec cette rage et cette violence envers ceux qui ne montraient pas patte blanche. Un chat « compliqué » pour les autres… mais pour moi, cela ne changeait rien.
Je nous ai donné du temps. Beaucoup de temps, de patience aussi. Nous avons appris à nous connaître, à nous appréhender, à nous apprivoiser. Et la confiance s’est installée, lentement mais sûrement.
En 2014, nous ne nous sommes retrouvés qu’à deux, isolés, à devoir repartir de zéro. Nos déménagements ne te dérangeaient pas, car c’était une évidence : chacun se sentait chez soi tant que l’autre était là.
Tu étais ma plus fidèle alliée. Une relation privilégiée, exclusive. Tu ne jurais que par moi lorsque ça n’allait pas, et j’étais le seul à qui tu accordais toute ton affection. Une fidélité sans faille, absolue, unique.
Je nous ai offert une nouvelle vie, un nouveau foyer avec un grand jardin, puis une famille aimante où tu as su trouver ta place, t’adoucir.
Et lorsque mon fils est arrivé, tu n’as jamais levé la patte sur lui. Jamais.
Tu as gardé ta rage contre les chats du voisinage que tu mettais en sang, tu veillais devant la porte pour empêcher les chiens d’entrer lorsque nous recevions, tu détruisais les mains des vétérinaires… mais plus les nôtres.
Puis tu as vieilli. Les années ont passé et l’usure se faisait sentir. Tu avais de plus en plus de mal à marcher, ton corps supportait de moins en moins le poids du temps. Alors nous t’avons aidée, chaque jour, à rendre ta vie plus douce.
Toi qui autrefois inspirais la peur, tu as fini par gagner l’estime des autres. Aujourd’hui nous te pleurons, c’est notre victoire… Ta victoire !
Et moi, je pleure un peu plus.
Quel chemin avons-nous parcourus tous les deux, quelle merveilleuse aventure avons-nous vécu toutes ces années, des années aujourd’hui bien trop courtes…
Tu resteras à jamais ma fifille, ma fifille adorée.