20/07/2026
Vous avez vu passer des dizaines d’intérieurs parfaits, générés en quelques secondes. De quoi se demander pourquoi un vrai projet prend encore du temps.
Voici ce que je constate, de l’intérieur du métier.
L’image, on la génère. Un lieu, on le pense. Et penser un lieu, c’est anticiper la fluidité — la circulation, l’enchaînement des espaces — en composant avec des contraintes qu’aucune image ne montre. Ça, l’IA ne le devine pas : il faut le lui apprendre. Ce travail-là ne se voit nulle part, et c’est pourtant lui qui fait qu’on s’y sent chez soi.
L’IA ne fait pas vraiment gagner du temps : il faut poser les bases, formuler, recommencer, ajuster — beaucoup — avant d’obtenir quelque chose de juste. Ce qu’elle génère surtout, c’est de la pression : une course imposée par la vitesse, le hype, les algorithmes.
Face au même outil, deux architectes n’obtiennent pas le même résultat. Les meilleurs sont, sans exception, ceux qui savaient déjà lire un espace avant l’IA. Créer demande des temps morts — ceux où l’idée mûrit. La vitesse les efface, et un regard qui ne se transmet plus s’efface avec eux, doucement.
Alors je fais un autre choix. Un lieu pensé lentement, loin du bruit — un endroit où l’on peut enfin sortir de la course. C’est ça, l’essentiel.