06/10/2026
quand je dis qu’une tendance va passer, je sais d’où je parle.
J’ai commencé par la mode. Stylisme, modélisme, puis une école d’ingénieurs en prêt-à-porter.
Ma première expérience professionnelle a été la production prêt-à-porter, pour de grandes maisons italiennes. Des collections entières, saison après saison. Une à peine livrée, la suivante était déjà lancée. On enchaînait dans un rythme effréné.
J’ai arrêté. Je ne voulais plus fabriquer ce qui est fait pour disparaître si vite.
Les intérieurs sont venus d’abord par le meuble. Là, ce qu’on dessine reste longtemps avec nous. C’était un choix, pas un accident de parcours.
Et au fond, c’était presque le même métier pour moi. Un vêtement a une architecture, exactement comme un intérieur. Mêmes gestes, mêmes démarches : proportionner, structurer, habiller. Une pince absorbe un volume et dessine une silhouette. Un alignement juste structure un intérieur et révèle la lumière.
J’ai quitté la mode. Pas ce qu’elle m’a appris.
Les tendances changeantes, je les ai vues de l’intérieur. J’ai passé des années à produire ce qui devait passer. Aujourd’hui je fais l’inverse : des proportions justes, et une maison qui vous ressemble.
(non)tendances — épisode 2