10/08/2026
Ecris d'un confrère....
Alors le "ELLE A DE LA CHANCE"... non elle bosse et elle fait BEAUCOUP de concessions. Fais de même 😉
🍀🍀🍀CHRONIQUE DU FLEURISTE — LE GRAND RÊVE DE L’ENTREPRENEURIAT🌸🌸🌸
« Je veux ouvrir ma boutique. Être mon propre patron. Ne plus recevoir d’ordres. Être LIBRE. »
😂😂😂
Pardon.
Oui, bien sûr, tu vas être libre.
Libre de penser à ta boutique à 7 h du matin.
Libre d’y penser à 23 h.
Libre d’y penser le dimanche.
Et même libre d’y penser pendant tes vacances.
Bienvenue dans l’entrepreneuriat.
Sur Instagram, évidemment, c’est différent.
Une jolie boutique.
Un café sur l’établi.
Trois pivoines qui dépassent d’un vase.
Une photo avec :
✨ Croyez en vos rêves ✨
Dans la vraie vie, derrière le vase, il y a parfois une facture fournisseur et une régularisation URSSAF qui t’attendent. 😂
⸻
Autre grand classique :
« J’aimerais ouvrir ma boutique mais je n’ai pas vraiment d’argent. Vous avez des astuces ? »
Oui.
En avoir.
😂
Je plaisante… à moitié.
Bien sûr qu’il existe des personnes qui sont parties de presque rien et qui ont réussi magnifiquement.
Mais ce sont justement les histoires qu’on raconte parce qu’elles sont exceptionnelles.
Chaque année, des centaines de personnes se lancent dans notre secteur.
Jeunes diplômés.
Reconversions.
Anciens salariés.
Personnes sorties de formations adultes.
Et chaque année, énormément cessent également leur activité.
Le problème n’est donc pas forcément d’ouvrir.
Le véritable exploit, c’est d’être encore là quelques années plus t**d.
⸻
Parce qu’un fleuriste découvre très rapidement une petite particularité de notre métier :
NOTRE STOCK MEURT.
Tu achètes 1 000 € de fleurs.
Tu n’en vends pas suffisamment.
Tu ne possèdes pas 1 000 € de stock pour le mois prochain.
Tu possèdes une poubelle très joliment fleurie.
Alors la semaine suivante, tu prends peur.
Tu achètes moins.
Beaucoup moins.
Le client entre.
Il regarde.
Trois roses.
Deux lys.
Un gerbera qui commence à regarder ses chaussures.
« Vous n’avez pas beaucoup de choix… »
Il repart.
Tu vends moins.
Donc tu commandes encore moins.
Donc tu proposes encore moins.
Donc tu vends encore moins.
Et voilà comment on commence tranquillement à descendre l’escalier.
⸻
Ensuite vient la fameuse phrase :
« Moi par contre, je tiens à mon équilibre vie professionnelle / vie personnelle. »
ÉVIDEMMENT.
Nous aussi.
Mais quand tu démarres réellement une entreprise et que ton avenir financier repose dessus, pendant quelque temps…
tu manges boutique,
tu dors boutique,
tu rêves boutique,
tu chies boutique,
et oui… tu baises boutique.
😂
Ce n’est peut-être pas très LinkedIn.
Mais c’est assez proche de la réalité.
⸻
Attention : je ne dis absolument pas qu’il faut travailler 90 heures par semaine pour réussir.
Il existe des fleuristes ouverts quatre jours qui fonctionnent très bien.
Des ateliers sans boutique.
Des fleuristes uniquement événementiels.
Des boutiques sur rendez-vous.
Et certaines personnes ont construit des modèles économiques remarquables de cette façon.
Mais arrêtons avec :
« Ça fonctionne chez elle donc ça fonctionnera chez moi. »
NON.
Elle n’a peut-être pas ton loyer.
Elle n’a peut-être pas ton emplacement.
Elle n’a peut-être pas tes charges.
Elle n’a peut-être pas besoin de sortir 2 000 € tous les mois pour vivre.
Et peut-être aussi qu’à la maison, il existe un deuxième revenu très confortable.
Ce n’est pas une critique.
Tant mieux pour elle.
Mais ce n’est simplement pas la même équation économique.
⸻
Autre sujet qui fâche : LES HORAIRES.
Tu peux évidemment décider d’ouvrir :
jeudi : 12 h – 18 h
vendredi : 12 h – 18 h
samedi : 10 h – 17 h
dimanche : 10 h – 12 h 30.
C’est ton entreprise.
Tu fais absolument ce que tu veux.
Mais ensuite…
ne viens pas expliquer sur Instagram que les gens n’achètent plus chez les petits commerçants.
😂
Parce qu’avant d’acheter chez toi…
IL FAUT DÉJÀ QU’ILS RÉUSSISSENT À TE TROUVER OUVERT.
Une boutique physique est aussi un métier de présence.
⸻
Même problème avec les mariages.
Samedi, 10 h :
« Fermeture exceptionnelle — installation mariage. »
Tes mariés sont ravis.
Ton client, lui, est devant la porte.
Samedi suivant : nouveau mariage.
Nouvelle pancarte.
Troisième samedi ?
Il ne vérifie même plus.
Il va chez quelqu’un d’autre.
Et franchement ?
Il a raison.
Cumuler seul boutique + mariages + livraisons + événements + ateliers + réseaux sociaux + comptabilité + achats + vie personnelle…
C’est possible.
J’en connais qui le font remarquablement bien.
Mais il faut une organisation de malade.
Et surtout une énergie de malade.
⸻
Puis arrive cette période formidable où ton entreprise commence enfin à fonctionner.
Tu respires.
Tu te dis :
« Ça y est. Maintenant je vais pouvoir profiter. »
😂😂😂
Et là…
Bonjour.
NOUS SOMMES L’URSSAF.
Nous avons recalculé vos cotisations.
Bisous.
😂
C’est aussi ça, entreprendre.
⸻
Et même dix ans après, rien n’est définitivement acquis.
Tu peux avoir une entreprise rentable et connaître six mois compliqués.
Canicule ?
Les rues sont vides.
35/40 degrés ?
Les fleurs souffrent et les clients restent au frais.
Neige ?
Personne ne sort.
Travaux devant ton magasin ?
Bon courage.
Inflation ?
Le bouquet passe après le plein de courses.
COVID ?
Là, nous avons tous découvert qu’un gouvernement pouvait littéralement te dire un soir :
« Demain matin, tu n’ouvres plus. »
Rideau.
⸻
Et c’est là que tu comprends pourquoi LA TRÉSORERIE, ce n’est pas de l’argent qui dort.
C’est ton gilet de sauvetage.
Pour une vraie boutique physique avec des charges, personnellement, démarrer sans au moins 10 000 à 12 000 € de matelas disponible, selon le projet, me paraît extrêmement risqué.
Et si tu as la possibilité de ne pas te rémunérer immédiatement ou de limiter fortement ta rémunération pendant la première période ?
Encore mieux.
Parce qu’une entreprise ne meurt pas forcément parce qu’elle n’est pas rentable.
Elle peut mourir simplement parce qu’un mardi matin…
il n’y a plus d’argent sur le compte.
⸻
Alors avec tout ça…
Est-ce que je déconseille d’entreprendre ?
MAIS ABSOLUMENT PAS.
Je recommencerais.
Parce qu’il y a quelque chose d’incroyable à regarder un local vide et à se dire :
« Je vais créer quelque chose ici. »
Puis un jour tu as des clients.
Puis des habitués.
Puis éventuellement des salariés.
Des apprentis que tu formes.
Une entreprise qui existe sans avoir existé avant toi.
Et parfois tu t’arrêtes cinq minutes, tu regardes autour de toi et tu te dis :
« Putain… j’ai quand même construit ça. »
Et cette sensation-là…
elle est extraordinaire.
⸻
Mais si demain tu viens me voir en me disant :
« Je veux devenir entrepreneur pour être tranquille et ne plus avoir de patron. »
Je vais quand même devoir t’annoncer une mauvaise nouvelle.
Tu ne vas pas supprimer ton patron.
Tu vas juste le remplacer par :
tes clients,
tes fournisseurs,
ta banque,
ton propriétaire,
l’URSSAF,
les impôts,
tes salariés éventuellement,
Google,
Instagram…
et le pire de tous :
TON COMPTE BANCAIRE.
😂
Alors oui.
Lance-toi.
Ouvre ta boutique.
Réalise ton rêve.
Mais pars équipé.
Parce que l’entrepreneuriat, ce n’est pas trois mois de motivation et deux citations inspirantes sur Instagram.
C’EST KOH-LANTA SANS DATE DE FINALE.
Et pour moi, le kit de survie tient essentiellement en deux mots :
🧠 MENTAL.
💰 TRÉSORERIE.
Avec les deux, tu peux déjà encaisser énormément de tempêtes.
Avec un seul…
l’aventure risque d’être beaucoup moins Instagrammable. 😂