06/10/2026
Et si bien vieillir chez soi commençait beaucoup plus tôt qu’on ne le pense ?
Depuis quelque temps, lorsque je regarde un appartement ou une maison, ma première réflexion n’est plus seulement esthétique.
Je pense ergonomie.
Je regarde les gestes du quotidien : se baisser, se relever, attraper quelque chose en hauteur, entrer dans une do**he, porter des courses, circuler facilement, cuisiner sans multiplier les mouvements inutiles…
À 50 ans, on ne se considère évidemment pas comme vieux. Et pourtant, c’est peut-être justement le bon moment pour commencer à réfléchir à la manière dont notre logement pourra évoluer avec nous.
On peut faire du sport, entretenir sa mobilité, sa force, son équilibre — et heureusement ! — mais le corps change malgré tout avec les années.
Alors pourquoi attendre qu’un geste devienne difficile pour adapter son environnement ?
Une do**he de plain-pied.
Des rangements réellement accessibles.
Un four placé à une hauteur confortable.
Des tiroirs plutôt que des placards bas et profonds.
De bonnes circulations.
Un éclairage bien pensé.
Des sols sans obstacles inutiles.
Des prises, interrupteurs et poignées faciles à utiliser.
De petits choix d’aménagement peuvent considérablement simplifier le quotidien.
Et aujourd’hui, en cette Journée nationale des aidants, j’y pense aussi sous un autre angle.
Lorsque notre autonomie diminue, temporairement ou durablement, notre logement ne conditionne pas seulement notre propre confort.
Il conditionne aussi celui de la personne qui nous aide.
Aider quelqu’un à se lever, se déplacer, se laver, s’habiller ou simplement l’accompagner dans les gestes quotidiens peut être beaucoup plus difficile dans un espace qui n’a jamais été pensé pour cela.
Finalement, anticiper l’ergonomie de son logement, c’est prendre soin de son futur soi, préserver aussi longtemps que possible son indépendance… mais c’est également prendre soin de ceux qui, un jour peut-être, seront là pour nous aider
Et cela me fait penser que la conception d’un intérieur durable ne devrait pas seulement répondre à cette question :
« Comment ai-je envie de vivre ici aujourd’hui ? »
Mais aussi :
« Comment cet espace pourra-t-il m’aider à bien vivre demain — et faciliter la vie de ceux qui m’entourent ? »
Parce que bien concevoir, c’est aussi anticiper sans stigmatiser, faciliter sans médicaliser et permettre à chacun de rester autonome le plus longtemps possible.