21/09/2026
Une rencontre au vide-grenier de Beaujardin m’a finalement menée jusqu’à la chapelle des Frères Mineurs et au cloître des Capucins, à Tours.
Une dame m’avait parlé de l’exposition « Tours, Cité de la Soie ». Je me suis dit que c’était l’occasion de comprendre un peu mieux comment cette matière fascinante est produite, travaillée et transformée.
Et j’ai découvert une histoire tourangelle que je connaissais très peu.
Le 12 mars 1470, Louis XI signe à Amboise une lettre ordonnant de faire venir à Tours des ouvriers en soie, avec leurs métiers, moulins, chaudières et autres équipements. C’est le début d’une longue histoire de la soierie à Tours.
Mais derrière le fil et les étoffes, il y a aussi une histoire beaucoup plus ancienne.
En Chine, la soie et la sériciculture ont longtemps représenté un savoir précieux. La connaissance de ces techniques a progressivement circulé vers l’Europe, notamment grâce aux récits et aux travaux de voyageurs et de missionnaires.
Aux XVIIᵉ et XVIIIᵉ siècles, les jésuites rapportent ainsi de nombreuses informations sur la sériciculture chinoise, puis la mission Lagrené, au XIXᵉ siècle, rassemble à son tour une importante documentation sur les techniques de la soie.
J’ai trouvé fascinant de découvrir que cette histoire passait aussi par quelque chose d’aussi petit que l’œuf du ver à soie : la « graine », comme on l’appelait, était au cœur de la sériciculture et des échanges autour de cette précieuse matière.
Et puis il y a le ver, le cocon, le fil…
J’ai découvert différentes manières d’accompagner les vers lorsqu’ils viennent fabriquer leur cocon : des fa**ts, les fameux « hérissons », puis des supports alvéolés inspirés de méthodes japonaises.
J’ai regardé les métiers à tisser, les cartes perforées du Jacquard, les étoffes, les motifs…
Et pendant ce temps, ma fille expérimentait elle-même le tissage avec l’animatrice. ❤️
Cette visite m’a évidemment ramenée vers la Chine, mais aussi vers mon propre univers.
Le geste.
La matière.
Le motif.
La transmission.
Un fil qui devient étoffe.
Un motif qui devient langage.
Un caractère tracé au pinceau.
Un signe gravé dans la pierre.