15/07/2026
🏞️ La route est ouverte pour monter à 🙏
La fête du barioz est maintenue ! Rdv dimanche pour célébrer le village et nos traditions savoyardes.
LETTRE OUVERTE AUX MÉDIAS...
Voici le message que nous a envoyé Dominik Daul :
"Je suis habitant de Chambéranger, un petit hameau de la commune de Planay (Savoie-France), au cœur de la vallée de la Vanoise.
Alors que nous traversons la tragédie de cet incendie de forêt, la perte d'une vie humaine et toutes les difficultés que cette catastrophe a fait peser sur notre communauté, je ne peux m'empêcher de constater à quel point une grande partie de la couverture médiatique est restée à sens unique.
Les caméras ont montré des images spectaculaires : des montagnes en flammes, d'immenses colonnes de fumée, des hélicoptères luttant contre le feu.
Puis, une fois la route coupée, toute l'attention s'est portée presque exclusivement sur les "5 000 touristes bloqués à Pralognan".
Mais où étaient les reportages sur les personnes qui vivent ici, toute l'année ?
Qui est venu demander comment les petits hameaux et villages faisaient face à cette situation
?
Qui est venu rencontrer les personnes âgées vivant seules, soudainement isolées de leurs familles à cause de la fermeture de la route ?
Qui s'est intéressé aux personnes à mobilité réduite ou souffrant de maladies chroniques, qui dépendent de soins ou de traitements réguliers?
Qui est allé voir les agriculteurs dont les tracteurs et le matériel de fenaison sont restés bloqués de l'autre côté de la route alors qu'il fallait rentrer le foin pour l'hiver ?
Qui a donné la parole aux gardiens de refuge qui voient s'envoler des journées précieuses de nuitées pendant la courte saison estivale en montagne ?
Nous ne sommes pas des touristes.
Nous vivons ici toute l'année. Nous y travaillons.
Nous prenons soin de nos voisins. Nous veillons sur nos aînés. Nous arrosons les fleurs du village lorsque les agents communaux sont débordés. Nous préparons des repas pour les sapeurs-pompiers.
Nous faisons vivre ces montagnes.
C'est ici notre maison. Ce n'est ni un musée, ni une carte postale, ni un endroit qui n'existe que lorsque les vacanciers viennent y passer quelques jours.
Et pourtant, pendant toute cette période, j'ai rarement eu le sentiment que notre histoire était racontée.
Il est parfaitement compréhensible que les difficultés rencontrées par les vacanciers aient retenu l'attention. Mais l'histoire, plus discrète, des habitants qui vivent cette crise au quotidien est restée largement dans l'ombre.
Bientôt, la route rouvrira. Les hélicoptères repartiront. Les équipes de télévision passeront à la catastrophe suivante, aux prochaines images spectaculaires, au prochain sujet qui fera l'actualité.
Nous, nous serons toujours là.
Nous continuerons à reconstruire. À aider nos voisins. A soutenir nos commerces. À prendre soin de nos aînés. À vivre dans ces montagnes qui sont notre foyer.
La prochaine fois qu'une catastrophe frappera un territoire rural, j'espère que les médias élargiront leur regard.
La prochaine fois qu'une catastrophe frappera un territoire rural, j'espère que les médias élargiront leur regard.
Regardez au-delà des flammes. Au-delà de la fumée. Au-delà des files de touristes.
Parce qu'ici, à Planay, la véritable histoire n'a jamais été uniquement celle de l'incendie.
La véritable histoire, c'est celle des femmes et des hommes qui, dans la discrétion, ont tenu leur communauté debout pendant que les caméras regardaient ailleurs."
Photo : Dominik Daul