Ces dernières années ont vu l’émergence de l’économie mondialisées, mais aussi une mondialisation de la culture. Selon les chiffres de l’UNESCO, l’industrie de la culture représente plus de 1600 milliards de dollars et contribue à plus de 4% du PIB mondial. Au Mali ce secteur représente plus de 3% du PIB et 5% des emplois. Le secteur de l’Artisanat au Mali représente plus de 95000 emplois. Il y a
donc un coté économique, car l’essor de ce secteur va contribuer à l’essor de l’économie malienne, tout comme son déclin peut être cause de difficulté pour tout un secteur. La culture possède aussi un coté symbolique fort. Un pays avec une culture affirmée, reconnue, est un pays fort. Nous ambitionnons donc d’une part de permettre une relance via les NTIC du secteur artisanale malien, avec ses impacts sur l’économie, mais aussi à accroitre le rayonnement de la culture malienne de par ce grand réseau mondial qu’est devenu internet. De plus aujourd’hui c’est un secteur qui tend de plus en plus à quitter ce que l’on nomme l‘économie informelle pour rentrer dans l’économie formelle, par besoin de reconnaissance. En plus, c’est un secteur qui englobe une frange importante des couches les plus défavorisées (femmes, jeunes sans emplois, etc.), il s’agit donc là d’un secteur qui contribue fortement à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale. Secteur d’intervention
La crise au Mali a aggravé la situation du tourisme, un secteur déjà touché avec les enlèvements opérés par Al Qaeda au Maghreb islamique en 2008. La crise du tourisme a eu un impact négatif sur le secteur de l’artisanat. D’où la nécessité d’offrir de nouvelles perspectives à nos artisans. C’est tout l’objet de notre démarche. Selon l’article 18 de la Loi N° 95 – 029 du 20 mars 1995, « Les activités artisanales sont classées en sept (7) catégories de métiers ». Sur cette base, l’arrêté n°96/ 1145/MIAT-SG du 19 juillet 1996, du Ministre chargé de l’Artisanat, a fixé la liste des métiers, relevant du secteur artisanal et qui devront faire l’objet d’une immatriculation au répertoire des métiers. Cette liste a établi à 171, le nombre de corps de métiers existant au Mali. Il s’agit de :
1. Métiers artisanaux de l’alimentation (11 corps de métiers) ;
2. Métiers artisanaux de l'extraction, du bâtiment et connexes (32 corps de métiers) ;
3. Métiers artisanaux du bois et de l'ameublement (17 corps de métiers) ;
4. Métiers artisanaux de la transformation des métaux et de la construction métallique (corps de métiers 44) ;
5. Métiers artisanaux de l'habillement, du cuir et du textile, teinture, couture, tissage, maroquinerie, tannerie (28 corps de métiers) ;
6. Métiers artisanaux de l'hygiène et des soins corporels (15 corps de métiers) ;
7. Métiers artisanaux d'art et divers, poterie, bogolan, vannerie (24 corps de métiers). Face à cette diversification, et pour des raisons pratiques liées au NTIC, nous interviendrons dans les secteurs 3-4-5-7. Selon l’étude du cabinet CAGE-FODERNA, 26,6% des artisans enquêtés travaillent dans un atelier, 20,3% dans une concession, chez l’artisan lui-même, 13,2% au marché, 12,4% en plein air, et seulement 3,11% dans une maison des artisans. Ce faible taux d’exercice du métier dans les maisons d’artisans, s’explique par l’insuffisance de celles-ci, seulement six (06) au niveau national. Même pour celles qui existent, elles n’ont pas de statut juridique. Dans ce cadre les NTIC apparaissent encore une fois comme un outil pouvant permettre à ces derniers d’avoir un espace de vente qui est différents des bâtiments traditionnels. Après avoir ciblé les enjeux de l’artisanat au Mali et observé ses points forts et ses points faibles, il nous est apparut qu’il fallait que nous nous saisissions de l’opportunité offerte par les NTIC. Les artisans ont pleinement leur place dans la révolution numérique à venir au Mali et devraient pouvoir en bénéficier amplement. Pour cela il faut une implication totale des artisans dans le secteur, ou des associations d’artisans. Pour ce faire il faudra établir une liste de partenaires dans les différents secteurs sélectionnés, cette sélection se fera sur des critères bien définis et dans le cadre d’un partenariat équilibré. Hormis la crise citée comme raison d’offrir l’artisanat malien aux acheteurs sur leurs lieux de vie, il est impératif en 2014 de pérenniser la présence sur le marché virtuel du web des produits issus de l’art malien. Il s’agit de professionnaliser le secteur, qui jusque là fait preuve d’une certaine désorganisation, ce qui bloque son développement. Il existe une part de marché mondiale des produits issus de l’artisanat qu’il est judicieux d’aller chercher à travers l’outil site internet dédié à la vente de ces produits, d’autant plus que l’artisanat malien est reconnu dans le monde.